vendredi 22 décembre 2006

Teaser 2007




“Le bonheur est un mot dont la signification nous échapperait complètement si nous ne savions de science sûre une chose au moins : sa première condition est la FOI. Pour être heureux le moins du monde, il faut avoir confiance en quelque chose : en Dieu, en soi-même, en son “étoile”, en ses parents ou son conjoint, en n’importe quoi d’autre, fût-ce l’astrologie, le yoga, la médecine ou le communisme. Inévitablement menacé de tous les malheurs toutes les minutes de sa vie, celui qui ne donne sa confiance à rien ni à personne ne saurait être heureux à aucun moment. Mais il faut bien constater qu’à la seule exception des mystiques, dont la confiance en Dieu ne repose PAS sur des croyances, il arrive aux humains de perdre leur foi, toujours menacée quand elle repose sur des croyances fausses : les évènement la démentent inlassablement. Nous n’avons alors que deux moyens de la conserver : fermer les yeux aux faits ou les intégrer dans nos croyances en bâtissant des sytèmes de pensée religieux, philosophiques, scientifiques, politiques ou tous autres, pourvu qu’ils soient propres à réaliser — envers et contre tout s’il le faut — cette intégration. Les hommes ont toujours utilisé l’un ou l’autre, et souvent l’un et l’autre, de ces deux moyens de se préserver de l’angoisse qu’engendre le doute.”

Jacques Dartan, in COURS D’INITIATION A L’ORTHOLOGIQUE

Hier soir, je méditais en bas devant un bon feu de cheminée sur les textes de l’impermanence de la tradition bouddhiste que j’étudie, quand un cri de ma fille a requis mon attention. Remontant l’escalier pour parvenir jusqu’aux chambres,
je fus suffoqué de la narine gauche par l’odeur d’encens qui s’échappait de la chambre de mon fils - il avait brûlé au moins six bâtonnets en écoutant du hard rock, manquant s’asphyxier dans son sommeil lourd de métalleux - tandis que la droite s’ouvrait aux parfums capiteux de deux kilos de Pâtes fraîches Super U que ma fille venait de régurgiter sur son lit, son pyjama, sa collection de Diddle et le Saint Recueil des Schtroumpfs Noirs - et c’était tout à fait raccord avec ce que je venais de lire, j’ai pas eu à forcer pour entrer dans la compassion, la générosité, le rapatriement sanitaire vers un camp de réfugiés moins pestilentiel et le lavage de parquet stratifié. Si j’avais été en train de regarder la saison 5 de The Shield sur le canapé du salon en fumant des clopes, je pense que ma réaction n’aurait pas du tout été la même. Merci donc aux Bouddhas des trois temps.

C’est fini pour 2006. Je vais finir l’années dans la chaîne des Périnées, avec ou sans flocons. En 2007, John résistera-t-il encore aux assauts de son archéocortex en racontant des conneries pseudo-spirituelles au lieu de pratiquer le bouddhisme ?
Ou au contraire, cédera-t-il aux avances de la pulpeuse Brenda ?
Le Warsenisme envahira-t-il la galaxie ? les travaux de la cuisine prendront-ils fin ? serai-je encore accro au virtuel, bien qu’il y soit plus clairement démontré qu’ailleurs que le lien de l’attachement pend dans le vide ?

les dessins sont ©Xavier Gorce/LeMonde.fr

Commentaires

  1. Croire nous évite la terrible nécessité de comprendre.
    Ce que je ne peux accepter dans la foi, c’est qu’elle met un terme à tout questionnement.
    Celui qui croit en Dieu donne Dieu comme toute réponse aux problèmes de l’existence.
    Il en est de même pour toute autre foi.

  2. Tu n’as pas lu l’article. Il ne parle pas de ça. Même si Dieu était la réponse aux problèmes de l’existence, il faudrait poser la question du doute, et du libre arbitre, figures imposées. Mais au fond, je suis assez nul en théologie. Tu défends l’athéisme avec la ferveur d’un ayatollah. Va lire Michel Onfray.

  3. Tu persistes à répondre toujours à côté en disant que j’ai mal lu, il n’empêche que ces références plus que douteuses à Jacques Dartan n’incitent pas à se prendre en charge soi-même et devenir simplement adulte.
    Tu parlais plus loin de la nécessité d’un autre chose, ici du besoin de la foi, ailleurs de l’indispensable verticalité.
    Bref il s’agit d’être assisté.
    Tu martèles à longueur de blog qu’il n’y a que souffrance ici bas et qu’il est impossible de s’en sortir tout seul: n’est-tu pas aussi victime de cette paranoïa dont tu m’accuses?
    Eh bien moi qui suis il est vrai un peu parano et hermétique à toute verticalité, je me suis sorti tout seul de mes difficultés passées.
    Je me sens mieux actuellement que dans le passé, et cela ne fait que s’améliorer: donc de souffrances ici bas je n’en vois plus et je n’ai pas besoin de plus pour vivre.
    C’est simple et non spirituel, et ces propos ne risquent pas d’être mal lus, car il est une constante dans la spiritualité, c’est d’entretenir le doute et la confusion.

  4. Super ! tu as finalement réussi à la faire, cette marcillythérapie !
    tous mes voeux de progrès, et bonjour à Kinshasa !

  5. Celui qui regarde en l’air, même s’il y voit des choses merveilleuses, est bien forcé d’être immobile, étant donné qu’il ne voit pas où il marche.
    Celui qui regarde devant lui sait où il va.
    Ceci termine un débat contradictoire qui n’a jamais eu lieu, alors bonnes masturbations intellectuelles!

  6. Belle illustration de la pensée “Il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres soient malheureux”.
    Snif.
    Aaah, où yéti le Claude qui me disait “Je te remercie de prendre soin de moi” ? il semble bien qu’il ait disparu corps et biens. Méditons sur l’impermanence. C’est marrant comment il te faut brûler ce Warsen que tu as adoré. Un ami me faisait remarquer : ” Je pense que cette personne a été attirée par ton blog parce que tu n’hésites pas à étaler tous tes complexes (?). J’utilise ce mot faute de mieux, et j’ai la flemme de chercher le mot flaubertiennement juste, mais ce n’est pas du tout ce que je veux dire. Comme exemples, le fait de se branler devant un écran de PC, le fait d’avoir démoli une amie en voiture, le fait d’avoir eu des relations homosexuelles dans la jeunesse, etc. C’est pas très loin de Crash dans l’esprit et il n’est donc pas étonnant qu’un type dans cet état, qui est en plein combat intérieur entre des idéaux sociaux ou religieux et ses pulsions violentes, qui est dans l’impossibilité de se cacher la violence qu’il ressent, essaie de comprendre ce qui lui arrive et lorsqu’il tombe sur un blog comme le tien, il se dit: ouf, je ne suis pas le seul.
    D’où son intérêt pour ton blog et pour son auteur, avec lequel il pense qu’il va pouvoir exposer ses problèmes. Le hic, c’est que tu réagis toujours bizarrement, et que quand il pense pouvoir se raccrocher à une branche, tu la retires et il se trouve dans le vide. De plus, je pense que son idée de trouver des amis sur internet est fondamentalement erronée. Tant qu’on n’a pas la personne devant soi - en tous cas pour moi - c’est comme si on parlait à des fantômes. Mais ce n’est pas en pleine dépression qu’on trouve des amis en vrai non plus. Face à ce genre de personnes, je ne pense pas que ce soit pas la peine de conseiller une voie spirituelle - il faudrait qu’ils se reconstruisent avant. Le mieux est sans doute de leur faire comprendre que c’est une traversée du désert, que quand on est dans un sentiment, on croit que la situation que l’on vit est “éternelle”, ce qui est particulièrement désagréable lorsque ces sentiments sont négatifs. Mais que finalement, ça change et on arrive à une oasis. On a vécu une saison en l’enfer, mais une fois sorti de là, ça a enrichi le point de vue.
    Ce n’est pas tout à fait, tout à fait vrai, mais ça c’est pas la peine de le dire ! :p Et de toutes façons, ce n’est pas tout à fait faux car il ne se serait pas intéressé à nos blogs s’il n’était pas dans cet
    état.”

    Oui, il semble que tu aies bien changé ton fusil d’épaule. Ce qui ne m’empêchera pas d’effacer tes commentaires s’ils me gonflent.
    Viperam nutricare sub alâ : autant réchauffer un serpent dans son sein.

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