vendredi 26 octobre 2007

Petit rêve d’aout 2007 pour commémorer sobrement mon deuxième bloguiversaire



foetus angélique sur la pochette de leur album “Ágætis byrjun”

Je vais à un concert de Sigur Rós. Il fait très sombre dans la salle, les musiciens nous sont brièvement présentés un par un à l’aide d’une poursuite (projecteur de scène directionnel) mais ils nous expliquent qu’ils ne peuvent jouer que dans l’obscurité, leur musique trop fragile ne supportant pas la lumière. Ils ont un uniforme bleu et orangé, entre le pompier et le technicien de surface. Ils ont tous les mêmes visages, comme des clones. Puis les lumières s’éteignent, et le concert commence, dans le noir total. Quelqu’un me passe un joint, dont je tire deux taffes, et je sombre dans une torpeur languide dont un fracas innommable m’extrait violemment : quelqu’un dans le public vient de vider ses poubelles dans une travée. Les musiciens cessent immédiatement de jouer après un tel sabotage, et on se disperse sans être remboursés. Au réveil, je me dis que si je veux entendre la musique des Anges, moi non plus j’ai pas intérèt à vider mes poubelles sur leurs pompes.

Quand j’ai un peu de temps, j’aime bien aller traîner sur ld4all , le forum des rêveurs lucides, c’est à dire ceux qui savent qu’ils rêvent quand ils rêvent, et de ceux qui aspirent à développer leur lucidité onirique.

Pour la lucidité diurne , variante destinée à ceux qui croient savoir qu’ils rêvent quand ils pensent être soi-disant éveillés, on se tournera vers son revendeur habituel, ou à défaut ici .

les membres du groupe immmortalisés par un photographe créatif : en Islande, dans les saunas, attention aux pédophiles.

Commentaires

  1. Je vais à nouveau faire quelques remises en cause, mais il est impossible de ne pas répondre.

    Notre dernier échange s’achevait sur ce constat : le nouvel enjeu en matière d’information ne concerne plus l’accès à celle-ci mais le discernement au sein de la profusion actuelle. Il en va de même en matière de spiritualité.

    Il existe dans ce monde, basé sur la dualité, des forces antinomiques et notamment d’opposition à l’éveil spirituel. Maïa est très possessive et met en oeuvre tout ce qu’elle peut pour nous maintenir en son sein, particulièrement à ce stade du Kali-Yuga.

    Ainsi depuis le dix-huitième siècle environ, en Europe et aux Etats-Unis, ont éclos toutes sortes de pseudo-spiritualités, des plus inoffensives fantaisies aux dérives les plus graves. En effet les Voies et les Traditions réelles ne pouvant être éliminées la stratégie consiste à les rendre quasi introuvables, à les noyer dans un océan de pseudo-voies, de pseudo maîtres et de pseudo-ésotéristes.

    Certaines de ces pseudo-voies ont « pour rôle » de brouiller les repères doctrinaux : l’occultisme et le théosophisme par exemple, grâce à la pratique du synchrétisme qui consiste à mélanger des éléments disparates de traditions authentiques jusqu’à en faire une sorte de « synthèse » (une bouillie serait plus juste) qui, au final, ne rime plus à rien.

    D’autres opèrent une dérive vers la mondanité et le matérialisme comme, par exemple, certaines branches de la Franc-Maçonnerie.

    D’autres encore se proposent le développement des pouvoirs psychiques (spiritisme, qui offre de développer ses dons médiumniques afin de communiquer avec les « esprits », dérives de certaines voies soufies dont la « science » consiste à se planter des couteaux dans le corps, ou encore « rêves lucides » etc. …) maintenant ainsi leurs adhérents sur un plan strictement animique.

    L’occidental moyen, désacralisé et assez peu connaisseur des choses de cet ordre, est volontiers dupe devant les manisfestations de certaines possibilités latentes de la psyché humaine, du fait de leur caractère « extraordinaire ». Ce qu’il ignore c’est que ce caractère n’est tel que pour lui : les peuples traditionnels les connaissent fort bien (et d’ailleurs puisqu’ils les connaissent ont plutôt tendance à les fuir) ; certains faits plus ou moins « extraordinaires » rapportés d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du sud sont loin d’être de pures affabulations. Il ignore également qu’elles n’ont aucune valeur sur le plan de la pure spiritualité, du simple fait qu’elles ne dépassent pas le cadre du domaine individuel (confusion permanente entre l’esprit et l’âme en occident) et enfin qu’elles comportent de graves dangers car le développement excessif de certains domaines psychiques engendre un déséquilibre général de l’individu. Les « accidents » dû à ces exercices spéciaux sont nombreux. Certains y perdent la raison, d’autres la vie. L’homme est esprit, âme et corps, ces trois ordres sont solidaires les uns des autres et il faut veiller à maintenir un certain équilibre.

    Maintenant pour ce qui est du rêve à proprement parler. Les peuples traditionnels en font depuis toujours un usage symbolique : les Hindous, par exemple, l’emploient dans leur doctrine pour exposer d’une façon analogique la relation de l’Etre (le Principe ontologique, Brahma) au monde et aux êtres relatifs : l’Univers est un rêve divin, de la même manière que lorsque nous rêvons, le monde dans lequel nous nous projetons, les événements qui le traversent et les autres êtres qui le peuplent sont issus de nous-même et n’existent qu’en tant que nous leur infusons de notre propre réalité.

    L’état de conscience individuelle est celui du rêveur qui ignore qu’il rêve et ne s’identifie qu’à un seul personnage, qui joue pour lui un rôle central. La réalisation spirituelle consiste à sortir de cet état - d’où l’expression d’»éveil » - c’est-à-dire à passer de la conscience égotique (je suis un personnage séparé de tout le reste) à la conscience de l’Etre en soi (je suis tout cela et tout cela est Moi - ce terme désignant, ici, non plus l’ego mais l’Etre). C’est l’état de « sainteté » au sens originel du terme (et non au sens sentimental courant), le retour au Centre, la sortie du Samsara. L’Islam emploie également ce symbole. Un hadith dit : « Les gens dorment. Quant ils meurent [au sens propre ou figuré] ils se réveillent ». Ibn Arabi développe la question dans l’un de ses ouvrages (Fuçuç al-Hikam, sur Joseph).

    Ce qu’il faut bien comprendre c’est que c’est notre état d’individualité actuel qui est illusoire. Cesser de « rêver » c’est renoncer à cet état. Or vouloir développer des états de rêve lucide d’ordre purement individuel c’est aller à rebours. Il s’agit d’une authentique « subversion » car l’ego, au lieu de s’effacer devant une réalité qui le transcende s’affirme en devenant maître de son royaume d’illusion. Ce que propose cette nouvelle « découverte » consiste ni plus ni moins à préférer s’enfermer dans un monde de moindre réalité (soi-même) plutôt que de s’éveiller à un plan de conscience supérieur. Le danger spirituel est grave.

    La mentalité « New Age » et tout ce qui s’y rattache est une pure contrefaçon de la spiritualité. Elle mène à toutes sortes de choses sauf à la Délivrance, qu’elle rend, au contraire de plus en plus improbable. Il existe sept Traditions authentiques : Confucéo-Taoïsme, Hindouisme, Bouddhisme, Shamanisme, Judaïsme, Christianisme et Islam, en tenant compte des diverses branches qu’elles comportent et en s’assurant de leur orthodoxie (au sens éthymologique). C’est en leur sein et nulle part ailleurs qu’il faut chercher les moyens d’atteindre la sagesse et la connaissance. Tout le reste n’existe que pour faire barrage à cette quête.

    Il me semblait nécessaire de faire ces remarques car j’ai le sentiment que tu manisfeste une véritable aspiration et, si tel est le cas, il serait dommage que tu t’égares et, si je puis me permettre, de plonger dans un nouvel abîme après avoir vaincu les enfers éthyliques et cybernétiques. Ca fait parti du cheminement, un bon nombre de prétendants à la sagesse ont connu semblables errances, moi y compris, mais il ne faut pas s’y perdre.

    Je me permets de te conseiller quelques pistes : tout d’abord la lecture de René Guénon, incontournable dans ce domaine, et celle de Fritshof Shuon. Ensuite deux liens intéressants :

    http://www.moncelon.fr/

    http://1001nights.free.fr/

    Amicalement,

    Hakim

  2. Je ne sais pas si je mérite tes attentions, mais comme ange gardien, tu es aux petits soins. A part le h de éthymologie, je ne trouve rien à redire à ton exposé.
    Je ne peux pas dire si j’aspire à la sagesse, sinon que j’y viens en m’écartant des sources de souffrance, donc un peu à reculons. Et sur mon blog, il est évident que j’aspire à toute autre chose.

  3. Mwahaha ! J’avais pas lu ça en écrivant mon précédent commentaire, mais le diagnostic était correct !
    Et excuse-moi de t’avoir traité de dilettante, John…

  4. … Et comme je me le disais en revenant de mon chinois avec des crevettes piquantes, écrire un tel message sur un tel blog est la pire publicité que puisse faire son auteur à la Tradition car il prouve que lui-même n’a pas réussi à s’éclaircir l’esprit malgré tous ses maîtres, ce qui est véritablement la chose la plus inquiétante.
    De plus, dire que les pouvoirs psychiques ça ne vaut rien alors qu’on n’a soi-même aucune clarté, ça ressemble vraiment trop à la fable du renard et des raisins. Ces pouvoirs sont les petits frères de la clarté, très utiles si on veut pouvoir aider les gens, plutôt que leur filer des boutons. Si nous pouvions voir l’effet de nos paroles sur les gens, et sur notre ego, nous dirions beaucoup moins de conneries et nous saurions quoi dire d’utile, au lieu d’afficher une supériorité qui n’est que l’effet de notre imagination.

  5. entre le dilettante et le disciple il y a la même disparité d’aspirations (je ne parle ni d’aptitudes ni de “performances”) qu’entre l’autodidacte et celui qui est passé par un stage pour apprendre un logiciel.
    Le mot est juste, en tout cas il me vexe moins que ton commentaire suivant, mais j’ai décidé qu’un aveu d’impuissance sur un tel blog serait la pire publicité que je pourrais faire à l’autocontemplation.

  6. Zut, je viens encore de heurter ton voile émotionnel caché (celui dont je sais qu’il est là mais je ne sais pas exactement où). Tu m’as misinterprétée. Je ne voulais pas dire ce que tu as cru. Je voulais dire qu’on n’attrape pas un être sensible et fragile comme John Warsen avec du gros Rénon Guénon bien raide. Un tel discours aurait été valable chez un karatéka d’extrême droite, pas chez un ex-68ard, et ne pas faire la différence, je trouve ça grave pour quelqu’un qui est censé avoir l’esprit clair. C’est comme si j’offrais un coffret de chants militaires à Amélie Poulain.

  7. Y’a pas d’mal. Tu semblais dire qu’il était discréditant de faire ici de la retape pour une Tradition, alors que tu voulais juste signaler que c’est inapproprié; ce dont j’aurais tort de m’enfader, vu que mon enseigne contient une mise en garde dont je te dois d’ailleurs l’intitulé : « progrès dans l’intention de pratiquer le bouddhisme » et donc mon voile émotionnel se voit comme le nez au milieu de la figure (ce qui ne veut pas dire qu’il faille me torcher avec) : c’est comme si je m’étais auto-proclamé président du club des branleurs dilettantes, et que tu viennes rappeler que ça n’est pas très sérieux. Est-ce que ça me fâcherait ? sans doute moins que si tu trouvais que ma femme n’est pas très sexy, quand j’ai l’impression qu’elle n’y est pour rien et que j’y suis pour quelque chose.
    Le guénoniste a cru que mon affabilité était assez dénuée de malice pour lui autoriser un exposé dont la partie factuelle, mirceaeliadesque, me semble correcte. Après, on peut pinailler sur le ton sur lequel il le dit, et ce qu’on peut en déduire de l’endroit où il se croit, et lui rappeler où il est (entre Bouchart d’Orval, Charlie Hebdo, Swâmi Petaramesh… et l’autoaddicté Warsen). Celui qui proclame sa clarté s’expose plus que celui qui proclame sa confusion. L’an dernier j’avais hébergé un temps un sociopathe autrement plus inquiétant.

  8. “Tu semblais dire qu’il était discréditant de faire ici de la retape pour une Tradition, alors que tu voulais juste signaler que c’est inapproprié”

    Discréditant, waow… quelle idée. Pour que ça le soit, je me demande à quoi devrait ressembler le blog-cible. Inapproprié, non plus, puisque je l’ai beaucoup fait moi-même. Ce que j’ai stigmatisé, c’est le ton, et en un certain sens le propos, pas en tant que retape de la Tradition, mais en tant qu’il présente la Tradition d’une façon qui me semble assez erronée. On peut la présenter de façon erronée en fonction de la personne à qui on s’adresse, c’est-à-dire gommer volontairement certaines aspects. Mais en l’occurrence, je pense que c’est les aspects présentés qui auraient dû être gommés, et les aspects inverses qui auraient dû être présentés.

    Quant à ta femme, le problème te précède et te succèdera (dans sa vie future si ce n’est dans celle-là). Tu as ta part de responsabilité, qu’il ne serait bon ni d’augmenter ni de diminuer. Mais disons que tu n’as pas le pouvoir (eh non), de mettre dans cet état là une personne qui serait à l’origine parfaitement heureuse… On ne peut que ce qui’on peut pour nos proches, c’est-à-dire pas grand-chose, vu qu’on ne peut déjà pas grand-chose pour nous-mêmes…

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