samedi 6 octobre 2007

Ce Salon de l’Auto d’où l’on rentre à pied (et à poil…)




Un dépendant sexuel m’écrit fin août : “Sacrée prison quand même, non, pleine de nanas à poils, de culs et de nichons. A priori un p’tit paradis…” Le lendemain, j’étais mollement alangui sur une plage, et mon voisin de serviette me sort une formule sans doute éculée mais inconnue de nos services : “Encore une journée de merde au paradis ! ” ça a fait tilt, et je l’ai félicité derechef de son sens de l’à-propos : comme nos capacités de désir sont disproportionnées par rapport à nos capacités de jouissance, c’est normal qu’en suivant la ligne de plus grande pente, dite aussi loi du moindre effort, on finisse par s’étouffer d’insatisfaction, jusqu’au jour où on en a marre d’en avoir marre.
Quand on n’est plus qu’un cri de dépit, on est mal barré.
Compulser au porno, c’est comme visiter le Salon de l’Auto sans pouvoir acheter aucune voiture, (laissons de côté l’aspect douteux de l’analogie pour nous intéresser à son côté intéressant) ce qui nous condamne à la frustration, nous confrustre à la damnation… et comme la frustration rend fou et que “tout plaisir non partagé mène à la dépendance”, comme disait Orroz, “et moi je n’aime pas la dépendance”, renchérissait le Schtroumpf grognon… les Schtroumpfs, c’est bien connu, y’en a un qui se tape la Schtroumpfette, sans doute le vieux la nuit dans son laboratoire, et tous les autres se pognent sévère. Comme quoi…méfions nous de l’anthropomorphisme schtroumpfien, surtout si nous sommes cyberdépendants.

Commentaires

  1. Ah mais on n’a pas forcément envie d’acheter la voiture, juste la conduire.

  2. D’abord, on n’a pas une tête à avoir le permis. Ensute, le vendeur (qui n’est pas fou) voit bien qu’on n’est pas en état de conduire : on serait juste capable d’érafler la carrosserie et de baver sur les sièges avant de capoter dans le ravin au premier virage (on avait pas dit qu’on allait laisser tomber l’aspect douteux de l’analogie ?)

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