lundi 1 février 2016

le mal par le mal (5) : 10 000



lu aujourd'hui dans l'Immonde.
Ca me troue le cul.
Peut-être moins qu'à eux, mais quand même.
Les mecs du crime organisé, on a envie de les attraper, et de les faire jouer dans Utopia.
Pour de vrai.



Si on mesure le degré de civilisation à la qualité des rapports humains entre ses membres, voici un habile résumé.
Quand je pense à ces millions de migrants qui veulent se réfugier chez nous, ça me retrouve.
Heureusement que Arte Creative me réconcilie avec la téloche.

34 commentaires:

  1. Quel effet une telle vidéo peut-elle bien produire sur le cerveau humain ?

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  2. Il suffit de la regarder pour savoir. Elle m'a instruit sur ce que je veux voir, sur ce que je ne veux pas voir (et que je regarde quand même, même si c'est une vidéo trouvée sur un forum, et que les gens qui l'y avaient mise se défendaient d'être "pro" ou "anti") c'est dommage de réduire utopia à cette avalanche de morts fausses mais affreuses, la série est intelligemment conspirationniste
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Utopia_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)

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  3. Marrant. Quand je parle d'effet produit, tu réponds sur le mode intellectuel "cela m'a instruit", alors que je pensais à quelque chose de physique. Par exemple : "quel est l'effet produit par un coup de bâton ?" attend une réponse du style "mal au dos" plutôt que "j'ai appris ceci". En fait, je ne pense pas que tu en sentes réellement l'effet, sinon tu ne regarderais pas, et surtout, tu ne ferais pas regarder aux autres (ce qui me scotche chez toi, c'est l'union de la bien-pensance et d'une certaine propension à proposer à tes lecteurs différents types de poisons. C'est à se demander si la bien-pensance n'est pas l'autre face du côté obscur)

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    1. Détrompe-toi, j'ai ressenti l'impact de chaque balle dans ma chair. En minimisant l'effet par le néocortex, mais c'est quand même éprouvant.
      Je me disais que le couillon qui avait monté ce worst of devait regretter de n'être pas au Bataclan le 13 novembre, et tentait de rattraper le coup.
      Et j'ai regardé la série, qui n'est pas basée uniquement sur la violence, et diffuse un malaise durable, surtout la saison 1 dont le pitch peut se résumer ainsi : des gouvernants bien intentionnés, voyant qu'on va dans le mur, entreprennent de stériliser l'espèce en propageant un virus qui divise la fécondité humaine par 20, de façon à assurer notre pérennité en stabilisant la population mondiale autour de 500 millions, en faisant croire à une épidémie de grippe russe qui contraint à la vaccination; le virus est planqué dans le vaccin. C'est chié, hein ?
      La BBC a résilié le contrat au bout de 2 saisons, c'était trop.
      Sur le fait de rebalancer ce poison aux éventuels lecteurs, n'oublie pas qu'on est dans une série "le mal par le mal", et pas chez les Bisounours.
      La bien-pensance, en ce moment, je n'y suis pas trop. Enfin, je ne crois pas.

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    2. John, je ne sais pas comment tu peux sentir dans ta chair l'impact d'une balle qui est une pure mise en scène et qui n'a touché personne, et ce d'une manière tellement visible que c'en est caricatural. Par contre, ce qui n'est pas une mise en scène, c'est l'esprit glauque du créateur de la série, qui transpire à travers l'écran.
      Bref, tu peux ici distinguer le bon et le mauvais usage de "l'imagination".

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    3. Mais c'est ça qui est extraordinaire : en 3 minutes d'une compilation malintentionnée de morts imaginaires issues d'une série télé conspirationniste (je ne les trouve pas caricaturales mais hyper-réalistes, bien que ne m'étant jamais trouvé au coeur d'une telle tuerie, je n'ai pas d'élément de réalité pour en juger), j'ai une leçon de cinéma : son pouvoir, (including son pouvoir de nocivité) ses limites.
      La brève sur les 10 000 enfants de migrants disparus me fait me sentir dix fois plus mal que cet alignement de cadavres. Et là, pas moyen de me dire que c'est de la fiction.
      cf l'interview des créateurs de la série :
      http://www.telerama.fr/series-tv/utopia-doit-destabiliser-les-telespectateurs-marc-munen-realisateur,102499.php
      M.M : Les « méchants » de l’histoire sont des monstres, qui n’ont aucune limites, qui ne reculent devant rien pour obtenir ce qu’ils veulent. Et puis, la violence doit être choquante. La violence est choquante. Soigner la mise en scène de la violence n’est pas irresponsable. Ce qui serait irresponsable, ce serait de montrer une violence qui ne choque plus. La violence d’Utopia ne me semble pas gratuite, car elle a un sens, un but.
      R.W.R : Au contraire du reste de la série, elle n’est jamais amusante. Elle est toujours prise au sérieux, et plus elle est insoutenable, plus on la prend au sérieux."
      Et mon supplément gratuit
      http://jesuisunetombe.blogspot.fr/2014/08/utopia-resume-de-la-premiere-saison-en.html

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    4. Tu ferais bien de relativiser La brève sur les 10 000 enfants... dire qu'ils ont disparus c'est dire qu'on ne sait rien. Je ne nie pas la possibilité d'un trafic d'être humain mais en ce qui me concerne, ne pouvant rien pour ces enfants, je préfère laisser à la police ce qui revient à la police, et laisser cette brève là où elle est.

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    5. Tant mieux pour toi, qui dors sans doute du sommeil du Juste. Je viens de déjeuner avec un pote qui rentre du Kurdistan Irakien, et qui me confirme le fort taux d'évaporation de réfugiés mineurs quand ils tentent de gagner l'Europe. On a bien mangé quand même.

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    6. Mal dormir ou mal manger ne changerait rien à leur situation. La prière est encore préférable.

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    7. Je confesse que rendormir à peu près normalement me met un peu à genoux, en ce moment. Et je mange bien, j'ai pris 7 kgs pendant les fêtes, avec que des bonnes choses. Les mineurs migrants sont vraiment le caillou dans ma chaussure.
      Je reconnais les vertus de la prière en période de crise, j'ignore si je peux y arriver (à prier) en période calme.

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    8. "Par contre, ce qui n'est pas une mise en scène, c'est l'esprit glauque du créateur de la série, qui transpire à travers l'écran.
      Bref, tu peux ici distinguer le bon et le mauvais usage de "l'imagination".
      Oui, là-dessus j'ai toujours appliqué la même stratégie, qui consiste à combattre la glauquitude en en rajoutant une couche.
      Stratégie qui dévoile ses impasses, je n'en disconviens pas; mais quand j'aurai fini la série "le mal par le mal" j'en attaque une autre : "le mal par le bien". Par contre je vais avoir du mal à trouver des séries télé pour illustrer mon propos, ou s'y substituer (je n'ai pas trop de propos en ce moment, c'est surtout ça qui se voit)

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  4. Pas forcément... dans l'univers bouddhiste il y a aussi des parcs d'attractions qui permettent d'avoir un avant gout de l'enfer.
    http://www.bouddhisme-universite.org/node/2939
    Mais à mon goût ce n'est pas encore assez immersif, je préfère la version américaine
    http://www.lepoint.fr/insolite/un-parc-d-attraction-vous-propose-un-sejour-en-enfer-17-10-2014-1873421_48.php
    L'effet produit est celui de la consilience.

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  5. massages pour edith: la consilience étant polysémique je pensais à celle là
    Lama Shérab Namdreul désigne par consilience un processus psychologique qui consiste à reconnaître en la souffrance (sct. Doukha) l’expression même de la vacuité.

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  6. Message pour Daniel... je viens de tomber sur ce texte que je te recommande:
    http://www.revue-klesis.org/pdf/Vaschalde.pdf

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  7. "L'effet produit est celui de la consilience".

    Pour réaliser la vacuité, la première condition est la maîtrise de son esprit (qu'on la possède par soi-même ou qu'un maître nous rassemble pour la circonstance), c'est la différence entre une expérience initiatique et une expérience profane. Entre une expérience dissolvante et illuminante.
    Il se passe la même chose avec les drogues. Pourquoi les héroïnomanes ne sont-ils pas tous réalisés alors qu'ils voient la claire lumière ? (c'est la conclusion à laquelle je suis parvenu, peut-être que je me trompe). Pourquoi les gosses qui jouent au jeu du foulard continuent à le faire comme des idiots et se retrouvent morts, au lieu d'entrer dans une démarche spirituelle, puisqu'ils ont vu la claire lumière eux aussi (et pour le coup, là j'en suis sûr, la même méthode est appliquée par les lamas tibétains sur leurs disciples) ?
    Cf la thèse de Pierre-Yves Albrecht (tiens on dirait qu'il est devenu difficile de la trouver gratos...)
    Pour l'article, c'est gentillet. Ils progressent dans la théorie mais absolument pas dans la pratique. Je mets ma main au feu que l'auteur est incapable de faire ce qu'il dit.

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    1. "Pour l'article, c'est gentillet. Ils progressent dans la théorie mais absolument pas dans la pratique. Je mets ma main au feu que l'auteur est incapable de faire ce qu'il dit."
      C'est que le mec n'y a pas les mêmes présupposés que vous. Il importe plus, pour lui, en première instance de progresser dans l'activité de conceptualisation (ce que vous appelez de manière vague et non réfléchie "théorie") que d'ensuite pouvoir appliquer ce qui est dégagé. Et en plus vous avez mal lu, voir pas du tout, car l'auteur précise en début d'article : "Le but de ce travail sera donc de chercher à préciser le sens de cette affirmation et d’en exhiber le fondement phénoménologique pour faire en sorte de s'en tenir autant qu’il est possible hors de la sphère spéculative, philosophique et religieuse, et de la simple recension de données d’observations anthropologiques."
      C'est donc bien qu'il n'a aucunement l'intention dans cet article de s’investir dans quelque pratique que ce soit.

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    2. Cela n'a donc aucun intérêt. En effet, une activité spéculative qui concerne l'âme humaine et qui n'est pas fondée sur une pratique est une pure chimère. Pas une oeuvre d'art, ce qui aurait son utilité, mais une chimère, un monstre.

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    3. ahaha fausse route, vous faites! La phénoménologie est expérentielle (elle décrit une expérience, elle est donc à la fois théorie et pratique)

      "C'est donc bien qu'il n'a aucunement l'intention dans cet article" dans cet article on est d'accord mais ailleurs il en va autrement.

      Je ne suis pas tombé sur cet article par hasard. Je suis en train de lire A l'Orient de Michel Henry de notre auteur Vaschalde, dans lequel il décrit phénoménologiquement zazen voir "le chapitre Conscience hishiryo et matière transcendantale" qui fait précisément référence à Dogen.

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    4. Je m'attendais à cette remarque, ce qui n'est pas très flatteur pour vous, mais passons. Je suis d'accord avec vous pour dire que la phénoménologie décrit l’expérience, ou du moins en a l'ambition. Elle n'est pas que cela, mais ce n'est pas important ici. Je refuse d’employer à dessein le terme "théorie" car c'est beaucoup trop vague, et je ne sais ce que vous entendez par là.
      Ma thèse : si elle décrit l’expérience, elle est donc une activité conceptuelle.
      Car quand l'on décrit quelque chose, cela ne peut-être qu'une activité intellectuelle, mais en plus la phénoménologie ne décrit pas l’expérience vulgairement, comme l'on pourrait le faire à propos d'un paysage ou de la saveur d'un plat, ou encore comme la poésie, mais elle utilise pour cela des concepts tirés d'une réflexion philosophique. Le mode d'apparaître d'une table ne sera pas le même mode que celui d'une chaise, par exemple. Etc.

      Quand à votre remarque sur le fait que Vaschalde aurait d'autres objectifs ailleurs, elle ne vise rien à ce que j'ai pu écrire : je répondais à Daniel, qui lui, parlait bien de cet article précis. Vous pourriez être un peu plus attentif quand même.

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    5. j'ai pourtant écrit que nous étions d'accord (vuxus et moi) en ce qui concerne ce texte ma remarque sur la pratique de zazen visait Daniel et non vuxus.

      Je ne vois pas l'inconvénient de prendre des concepts tirés d'une réflexion philosophique s'il permettent de mieux appréhender le réel. Après tout, le dharma désigne à la fois le réel et le discours du bouddha dans une visée pragmatique ou du moins thérapeutique.

      En décrivant phénoménologiquement la relation éthique, Levinas ne nous dit pas ce qu'il faut faire ou pas, en revanche la description nous rend attentive à ce qui s'y passe. Cela devrait suffire pour nous aider à adopter réellement un comportement éthique sans entrer dans des considérations d'ordre morale;

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    6. Quand j’étais petit, étudiant en psycho à la fac de Montpellier, la phénoménologie m’apparaissait pleine de promesses.
      Enfin des gens qui allaient désosser le Réel pour le rendre intelligible !
      Las. Ils se sont murés dans un jargon réservé à eux, et surcompensent leur claustrophobie en la rationalisant sous forme de sur-claustrophilie.
      C’est très triste.

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    7. Quand j'étais petit, étudiant en philo et que j'allais au cours de psycho, j'avais l'impression que le prof nous prenait pour des débiles surtout quand il disait "ça va? Je ne vais pas trop vite?"

      Un jour j'ai demandé au prof qui nous faisait cours sur Levinas pourquoi il était si difficile à lire alors qu'une fois explicité sa pensée était si simple à comprendre. Il m'a répondu que tout travail sur la pensée implique un travail sur le langage.

      J'ai écouté plusieurs conférence de l'ieb (institut d'étude bouddhique). Pour le conférencier nous ne devrions pas utiliser de terme français pour traduire des mots sanskrit ou pali. Le mot méditation d'origine chrétienne n'a rien à voir la méditation au sens bouddhique. Pareil pour moine... mais dire qu'on va se faire ordonner Bikku ça le fait moins que moine je trouve. En revanche Bodhisattva, ça me va.

      Onfray dit qu'un discours jargonneux et abscons est le signe qu'on essaye de vous enfumer. Ce que je trouve drôle c'est que sur des forums pour ado, i y en a qui trouve Onfray jargonneux et abscons. J'en déduis que le caractère jargonneux et abscons ne peut-être un signe d'enfumage.

      Deleuze lorsqu'il explique son Anti-oedipe est limpide alors que le texte est imbuvable et quand on lui fait la remarque il répond qu'effectivement au moment où ils ont écrit le livre (avec Guattari) il ne voulait pas être compris de tout le monde... mais il le regrette. Grosso modo dans ce livre il dit bien avant la même chose que le livre noir de la psychanalyse et qu'Onfray (qui ne fait que reprendre le livre noir de la psychanalyse en y ajoutant des considérations biographiques invérifiables mais bien trash) avec le scandale qui en a suivi.

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    8. "Ce que je trouve drôle c'est que sur des forums pour ado, i y en a qui trouve Onfray jargonneux et abscons. J'en déduis que le caractère jargonneux et abscons ne peut-être un signe d'enfumage. "
      Il faut nous résoudre à être les jargonneux et les abscons des uns ou des autres. On ne peut plaire à tout le monde.
      Excellente opportunité pour toi que d'écrire "Levinas pour les Nuls" et "Deleuze pour les Nuls" sur ton blog spiritualiste.

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    9. Dogen pour les nuls, c'est déjà pas mal.

      A propos de "2/ avec le démon des blogs bouddhistes tarés"
      tu vois bien que les tibétains se font des calins eux aussi. Au moins avec la mixité des monastères occidentaux, les hommes semblent prémunis des prédateurs sexuels. C'est d'ailleurs le sujet de mon dernier post... http://mujoseppo.blogspot.fr/2016/02/eido-shimano-roshi-vent-dore-la-liberte.html

      On aurait bien tort d'idéaliser le bouddhisme, anyway!

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    10. Va prétendre que tu vis dans ce monde sans idéaliser quoi que ce soit et sans sombrer dans le nihilisme pour autant.

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    11. C'est pourtant facile!

      L'idéalisation c'est attribuer abusivement de la valeur à ce qui n'en a pas
      Le nihilisme c'est croire que tout se vaut et qu'ultimement ce tout ne vaut rien.

      Entre ces deux idées, il y a de la marge. Réaliser la vacuité permet facilement d'éviter ces deux écueils. C'est plus facile à comprendre dans le premier cas, il suffit de ne pas trop investir dans la réalité. Dans le deuxième, ma participation au monde, même modeste, n'empêche pas celui-ci de continuer en dehors de moi... je pense à mes enfants et par extension à tous les êtres vivants... cela devrait suffire à aiguiller nos actions, à leur donner un sens.

      Cependant le caractère désirable du nirvana comme extinction totale de ma petite personne me semble contre-intuitif. J'ai encore du chemin à parcourir.

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    12. A Sb : "j'ai pourtant écrit que nous étions d'accord (vuxus et moi) en ce qui concerne ce texte ma remarque sur la pratique de zazen visait Daniel et non vuxus."
      Autant pour moi, veuillez m'excuser, j'ai pris votre remarque pour un désaveu de la mienne.

      "Je ne vois pas l'inconvénient de prendre des concepts tirés d'une réflexion philosophique s'il permettent de mieux appréhender le réel. Après tout, le dharma désigne à la fois le réel et le discours du bouddha dans une visée pragmatique ou du moins thérapeutique.

      En décrivant phénoménologiquement la relation éthique, Levinas ne nous dit pas ce qu'il faut faire ou pas, en revanche la description nous rend attentive à ce qui s'y passe. Cela devrait suffire pour nous aider à adopter réellement un comportement éthique sans entrer dans des considérations d'ordre morale"

      Je comprend mieux maintenant votre pensée. En effet, elle n'est pas en contradiction avec ma thèse. Cependant, je pense que notre désaccord initial vient de votre opposition entre théorie et pratique, ce qui m'a fait m'opposer à vous sur un contenu que vous ne souteniez pas. Et c'est précisément parce que cette opposition est vague du fait des termes eux-mêmes.
      Car voyez-vous, moi, je placerais l'activité de Levinas quand il phénoménologise la relation éthique, ou encore celle du dharma (du moins quand ce terme désigne le discours du bouddha) dans la catégorie "théorie" et non pas "pratique". N'est-ce pas très embrouillé ?

      A John et Sb :
      Cette discussion sur le jargon me rend heureux, car j'y suis confronté presque chaque jour, et je pense que ne suis pas le seul. J'y suis confronté par des remarques comme celle qui tu as écrite, John :
      "Ils se sont murés dans un jargon réservé à eux, et surcompensent leur claustrophobie en la rationalisant sous forme de sur-claustrophilie.
      C’est très triste."
      Pour répondre à cela, je souscris totalement à la remarque que vous avez rapportée, Sb, de votre ancien professeur :
      "Il m'a répondu que tout travail sur la pensée implique un travail sur le langage."
      La jargon que tu as rencontré, John, n'est pas fait pour réserver la pensée qui l'utilise à un cercle fermé. Bien au contraire ! Si tu savais ! Toute l'énergie dépensée en clarification, en subtile distinction, etc. tout cela dans l'objectif de rendre plus intelligible la pensée ! Chaque nouveau concept intelligemment dégagé rend peut-être plus dur le travail pour comprendre, mais rend la pensée plus claire. Si tu as eu autant de mal à comprendre la phénoménologie, c'est peut-être parce que l'on n'a pas assez ou pas du tout évoqué la pensée à l’œuvre derrière, mis à jour la logique qui conduit de tel concept à tel autre...
      Pour reprendre l'exemple de Sb, qui évoque la traduction de mots étrangers, si, pour rendre plus accessible la pensée bouddhiste on avait traduit ses concepts, cela l'aurait inévitablement rendu encore moins accessible car brouillé par d'autres concepts à l’œuvre dans les mots de notre langue. Enfin je crois que pour cela tout le monde est d'accord.

      La grande tâche de la philosophie est une tâche de clarification, si ce n'est son unique tâche. Amen.

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    13. Ne faire aucunement cas de Onfray, en tout cas, me paraît un début dans cette tâche. Il fait partie de ces personnes auxquelles je couperais, volontiers et sans remords, la parole. Mais bref. ^^

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    14. Onfray n'a pas toujours été sa propre caricature. A un moment donné, on a pu croire que c'était le dernier philosophe vivant. Lui aussi. Ca lui est un peu monté à la tête. Et depuis, j'en ai trouvé plein d'autres, bien moins casse-couilles, dans Philosophie Magazine.
      http://www.philomag.com

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    15. "La grande tâche de la philosophie est une tâche de clarification, si ce n'est son unique tâche. Amen."
      Encore faut-il pouvoir mettre des intuitions sous des concepts pour pouvoir clarifier le langage. Hey je peux citer Kant? "("Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles") hihihi!!!

      Hélas, je me dois (encore une fois) de donner raison à Daniel, Vaschalde n'a pas la moindre idée de ce que peut-être l'éveil. Il reconnait les deux premières nobles vérités (- la Vérité de la Souffrance,- la Vérité des Causes de la Souffrance) en revanche, il ne reconnait pas les deux dernières (celle de l’Extinction de la Souffrance,- la Voie vers l’Extinction de la Souffrance.)

      Comme quoi on peut faire l'expérience de la vacuité (dont il fait une analyse phénoménologique) et ne pas comprendre (notamment que l'éveil n'existe pas en dehors de la dynamique -s'éveiller- et que ce n'est pas un état d'où l'obligation d'en passer par une pratique -autre que la phénoménologie-)

      A te lire, John, on a l'impression qu'Onfray est l'arbre qui cache la forêt. Mon opinion sur Onfray serait trop long à exposer ici sans polluer davantage ton blog. En deux mots quand même, il m'aura au moins donné envie de lire Montaigne et le livre noir de la psychanalyse.

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    16. Mon blog est assez grand pour s'auto-polluer. Il vit maintenant sa vie autonome, comme ces personnages de roman qui échappent à leur auteur. Il va là où il veut. Il se croit libre.
      Quant à Onfray, c'est à force d'aller explorer des coins sombres qu'il a pris sa vessie pour une lanterne.
      J'espère que ça le brûle autant que moi.
      J'ai un associé qui fait la sieste en écoutant ses interminables podcasts sur Freud ou la volupté prudente.
      Faudra que j'essaye.

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  8. Le problème de la méthode tantrique, c'est que ce qui n'est pas illuminant est dissolvant. Faut pas venir me raconter que ces jeunes débiles qui poussent des hurlements alors qu'il ne leur arrive rien sont capables de chevaucher des tigres. D'ailleurs le côté dissolvant de l'expérience n'est pas dans ce qui est visible. Réagir au côté visible montre déjà qu'on est complètement à côté de ses pompes et qu'on ne saura absolument pas faire face au vrai danger, puisqu'on ne le perçoit pas.

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    1. Mon sentiment, c'est que tu confonds le bouddhisme avec le chamanisme probablement parce que le chamanisme se confond avec le tantrisme.

      "ces jeunes débiles qui poussent des hurlements alors qu'il ne leur arrive rien sont capables de chevaucher des tigres."

      Pour le bouddhisme zen on chante "Shâriputra, les formes ne sont pas différentes du vide, le vide n’est pas différent des formes, les formes sont le vide, le vide est les formes. Il en va de même des sensations, des perceptions, des constructions mentales et des consciences."

      Si "ces jeunes débiles... poussent des hurlements" c'est bien parce qu'ils ne voient pas la vacuité au cœur de tout ce qui arrive.

      Je ne nie pas la réalité de ce que décrit le chamanisme seulement je ne lui donne pas plus d'importance qu'au monde dans lequel je vis. Les chamanes disent qu'on n'est pas obligé de croire tout ce que les esprits nous racontent mais il est préférable de les écouter. De ce que j'ai lu sur le chamanisme, je trouve préférable de rester à bonne distance des esprits.

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  9. "Entre une expérience dissolvante et illuminante.
    Il se passe la même chose avec les drogues. Pourquoi les héroïnomanes ne sont-ils pas tous réalisés alors qu'ils voient la claire lumière ? (c'est la conclusion à laquelle je suis parvenu, peut-être que je me trompe)."

    Parce que le chemin qui mène à la lumière importe autant que le résultat. On dirait que tu veux prendre des raccourcis. Tu me donnes l'impression d'être la réincarnation d'un théosophe qui cherche qui cherche qui cherche... Lâche l'affaire et tu trouveras.

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