samedi 13 mai 2006

Jeannot Bistouquette

Je voulais faire un post sur l’idéalisme et la sexualité, pour creuser l’idée évoquée dans le post précédent "comment sommes-nous passés de la dépendance envers des personnes réelles à celle envers des personnes imaginaires ?" et puis au lieu de ça j’ai écrit à John B. Root, le célèbre auteur de films de fesse, en me demandant si quand il était petit on l’appelait Jeannot Bistouquette.
"salut ô John
…par le plus grand des hasards, je m’appelle John aussi.
Et je viens de travailler avec quelqu’un (je suis monteur) qui a fait ses études de cinéma avec toi, et qui t’a un peu perdu de vue depuis, mais ce n’est pas le propos, c’est le concours de circonstances qui m’a rappelé ton travail.
film Quand je me shootais au porno, j’ai fait un petit film sur le sujet.
J’aimerais que tu le regardes en préambule.
Il t’arrachera peut-être un pauvre sourire. C’est un autoportrait mi-figue mi-raisin.



Contribution à l'étude de la pornographie (version longue et dure) from john warsen on Vimeo.


Commentaires

  1. l’interview qui m’a donné envie d’écrire à john (je la mets ici parce que sur la page où je l’ai trouvée il y a des photos qui pourraient faire bobo à un public adulte et non sevré) :
    En 76 c’était une époque bénie pour le cul, l’année où les films X étaient autorisés. Il y avait plus de films X que de films normaux . Les films étaient vachement bien, la production française avait de la gueule, des films en 35 mm avec des scénarios. Je passais mon temps à me branler dans les salles de cinéma. Des filles comme Marilyn Jess avaient 18 ans, j’avais 18 ans c’était le monde idéal ! On avait l’espoir que ça devienne quelque chose, et puis le censeur est passé avec la loi de finance, et foutu le X dans un petit ghetto, où il est toléré à condition d’être insignifiant.
    -Et puis la loi de finance est arrivée, la vidéo qui a définitivement enterré le genre ?
    Le X n’est plus fait par des gens du cinéma, mais par des gens qui faisait des fringues dans le sentier et qui ont trouvé un moyen plus simple et plus rigolo de gagner de l’argent.
    Ils achètent un caméscope à la Fnac, ils tournent ça chez eux avec une apprentie shampouineuse, ils mettent une belle jaquette et ils vendent ça. Mais c’est pas des films, c’est des produits de consommation sexuelle qui servent à se branler, mais c’est ça qui fait avancer le genre.
    -Pour en revenir à ton parcours, tu deviens journaliste, tu écris des bouquins pour des enfants, des reportages…
    -Avec une vie de famille, des enfants…Tu as des enfants ?
    J’ai vécu marié avec deux enfants pendant 15 ans !
    -Alors qu’est ce qui a fait que tu abandonnes une situation plutôt confortable…
    Je m’emmerdais ! j’ai eu envie de recommencer à jouer avec des trucs qui m’enthousiasmait tant quand j’étais ado. Ca s’appelle la crise de la quarantaine !
    J’ai recommencé à fréquenter en douce les sex-shop, les cinémas X, acheter des cassettes porno Mais mener une double-vie, c’était pas possible., je n’allais pas recommencer honteusement à aimer la pornographie. J’ai donc inventé John B. Root en 95.
    -Ca a bien marché. Tu as été le premier à faire des cd rom X…
    Ca n’a jamais bien marché.
    -Quand même !
    Ca n’a jamais bien marché économiquement. Je n’ai jamais su gagner ma vie avec ce métier. Et encore aujourd’hui. Mais ça a été passionnant d’un bout à l’autre….
    -J’ai commencé par les cd-rom et puis Canal est venu me voir car ils aimaient mes cd-rom, et ils m’ont demandé de faire un programme interactif diffusé à la télé. On a fait Cyberix, un truc monstrueux ! 24 acteurs en direct, ça a coûté une fortune et j’ai jamais revu l’argent !
    J’avais fait un tel trou dans la caisse, qu’il a fallu que je me mette à faire des films, en se disant qu’on ferait peut-être de l’argent. Mais je l’avais pas du tout prévu de faire des vidéos X, je pensais que le marché était saturé. A l’origine la boite que j’avais monté devait produire pour moitié des programmes pour la jeunesse. Mais John B. Root a tout bouffé !
    -Dans les dernières interviews que j’ai lues, 2004 n’avait pas l’air formidable.
    Ca a été la pire année d’existence de la boite. Tous nos marchés sont tombés. Canal ne diffusait plus nos films, le retour de l’ordre moral a fait que toutes les chaînes ont arrêté de se lancer dans des projets. Le carnet de commande était vide. On ne payait même plus le loyer, c’était une année épouvantable. On s’en sort peu à peu.
    -Tu me diras en ce moment c’est plutôt la crise pour tout le monde. Tous les professionnels se plaignent.
    Oui mais c’est leur faute. A force de pratiquer une politique de marchand de fruits et légumes, de vendre n’importe quoi avec des belles jaquettes, ils ont tué le marché. Maintenant ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Je l’avais écrit il y a cinq ans dans porno blues, et on y est. Le marché est mort.
    (…)
    -Et les films du genre extrêmes uro, scato…
    Toutes ces franges du porno sont absolument indispensables. Si le porno arrête d’être salissant, faut qu’il arrête complètement.
    -Alors toi, tu pourrais faire un film scato ?
    Moi je peux tout filmer s’il y a du plaisir. Je ne vois pas pourquoi je ne tournerai pas du scato, du dégueu, du SM si je connais les codes. Si un couple prend un vrai plaisir, je ne vois pas pourquoi je ne le tournerai pas. Je ne suis pas raciste envers les sexualités ! Par contre je ne le mettrai peut-être pas sur le site, pour ne pas choquer les visiteurs. Ou alors avec un gros avertissement !
    -Et les films de viol ?
    Ah non, certainement pas. La seule chose qui compte est le plaisir. Le SM c’est encore autre chose, c’est un choix.
    Mais même si ça amuse la fille de faire semblant de se faire violer, ça fout trop de merde dans le crane des mecs. Il ne faut pas que l’on croie qu’on peut imposer le plaisir.
    -Et les films d’inceste ?
    Non. Dès qu’on mélange le sexe avec du pouvoir ou de l’argent, on tombe dans la prostitution, la pédophilie, le viol… Le sexe ça ne se mélange avec rien d’autre, ça se mélange avec du plaisir.
    -Pourtant beaucoup d’éditeurs Francais le font.
    Ca fait un tort considérable au métier. Cet automne, tout le monde parlait de ces cassettes de viols qui nous ont attiré les foudres. J’ai passé mon temps à me défendre à la télé contre des gens qui disaient c’est parce que le porno est autorisé qu’il y a des viols dans les banlieues. Il faut arrêter avec le sexe non-consenti parce que c’est la pente glissante. Faire croire qu’une nana prend du plaisir parce qu’on la viole…on est dans le pourri.
    -Maintenant que tu es présent sur internet, que penses-tu de l’accès des mineurs aux sites X ?
    Il y a des solutions, il y a des moyens, mais c’est un vrai problème. En France, le législateur ne veut pas trancher. On vit de la tolérance du législateur, on est dans un pays de Tartuffe ! Aux Etats-Unis, ils ont tranché : l’utilisation d’une carte de crédit fait preuve de majorité.
    L’outil de filtrage il existe. C’est comme à la télé. Si les parents utilisaient le code parental de leur décodeur les gamins n’auraient pas accès aux films.
  2. Ben en fait ça pose un vrai dilemme. Sans les gens comme toi, je serais à la rue. Je vois bien qu’il y a des pauvres gars qui m’achètent toutes les videos. Mais si le salut de leur âme doit me ruiner, je n’ai pas assez de compassion pour ça. Si je faisais un bel héritage, j’arrêterais de vendre ça. Mais pour le moment j’ai rien et pas de retraite quand j’aurai 60 ans. Envoyer mes clients sur le forum d’Orroz serait un véritable luxe. Tu vas me dire que je pourrais faire un travail honnête. Mais si je travaille, je ne peux pas pratiquer. Le salut de mon âme passe par la damnation de celle des autres, cev qui est assurément étrange… Alors que faire docteur ?
  3. “Le salut de mon âme passe par la damnation de celle des autres” : si tu poses l’équation en ces termes, je ne vois pas non plus comment la résoudre. D’ailleurs je me demandais comment tu t’en dépatouillais, mais je n’ai pas pensé à toi en écrivant ça. Et pourtant, les rapports entre Jeannot Bistouquette et Flo Pinette sont maintenant clairs ;-)
    il y a quelques semaines, tu m’écrivais “Pour information, ce que je mets sur mon site ne présente pas le moindre
    intérêt à mes yeux. Mais comme il en présente pour d’autres et que ces
    autres sont prêts à payer, et que ces vidéos sont faciles à faire, je ne
    vois pas pourquoi je me ferais chier à bosser 35 heures par semaine pour
    gagner une misère alors que je peux gagner plus en ne foutant presque rien.” C’était peut-être écrit un peu vite, mais je prends ce que tu me donnes dans l’état où c’est.
    J’ai lu sur le blog de la vache cosmique : “Comme l’enseignent les Maîtres Kadampas, l’imbécile est une bénédiction : il vous enseigne la pitié”.
    Mais lui, il apprend quoi ?
    Et un jour tu as écrit “si les gens savaient ce qu’est la compassion, ils découvriraient que c’est exactement le contraire de ce qu’ils pensent. C’est à l’exact opposé. Comme la spiritualité.”
    Est-il plus charitable de parler de maladie ou de stupidité localisée à l’endroit de ces “pauvres” dépendants ? Il y a longtemps que certains sites de culs référencent en lien les Sexoliques Anonymes. Ce n’est pas plus choquant ou hypocrite que “fumer tue” sur les paquets de clopes. L’avatar d’un copain sur le forum dépendance sexuelle, c’est une petite phrase encadrée de noir : “le porno nuit gravement à la santé mentale.” Dans notre monde, l’information et le profit ne sont pas à une incompatibilité près.
    De toute façon, nul espoir de guérir les malades sans leur concours actif. Entre rendre l’information accessible et scier la branche sur laquelle tu es assise en lotus, il y a de la marge.
  4. Ah oui tiens, ça pourrait passer pour de l’humour. Cela dit ma clientèle ne parle pas français à 90%.
  5. bonne occasion de participer au retour du rayonnement intellectuel de la patrie (actuellement rayonnement fossile) en leur expliquant que la “french touch” ça peut aussi s’exprimer par la “don’t touch”… ceci dit, si le branling, ce nouveau sport de l’extrème, nous vient d’outre-atlantique, les mouvements d’abstinents y sont aussi nés, bien qu’ils aient plus de mal à traverser l’océan. Mais ce n’est qu’une question de temps.
    En plus, je raconte des bêtises : Orroz est 100% français et n’a pas attendu de faire partie d’un hypothétique “mouvement” pour sauver ses fesses et nous inviter à sauver les notres.
  6. j’ai beaucoup aimé ta vidéo (bonjour, au fait)

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