dimanche 19 novembre 2006

Autopédagogie de la rigolade


Je vais nuancer mes récents propos sur la vacuité de la dérision. Quand on regarde le sketch des Monty Python “The Dirty Vicar”, on comprend pourquoi ça prend si longtemps d’être correctement sevrés de porno. Tout peut devenir stimulus si on n’a pas déblayé son champ pendant et après le sevrage proprement dit (qui ne dure que quelques mois si on le fait avec constance et détermination, en gardant présent à l’esprit que d’une façon ou d’une autre, il faut en finir.)

On est un peu comme des pylônes électriques, la tête dans les nuages et les pieds dans la terre. Parfois l’inverse, alors ça fait masse, mais bref, des courants énergétiques nous parcourent en tous sens, mais comment nous gérons notre électricité - ce qui rentre, ce qui sort - dépend de l’interprétation que nous en faisons, qui elle dépend de notre bagage, de nos outils, de notre expérience… et des dispositions de notre inconscient. Or, le mental croit qu’il trie, et se prend volontiers pour le chef de gare, alors qu’il agit en aval d’un chaos de déterminismes affublés du mutilé douloureux que nous appelons “le moi”. Qui sera toujours débiteur envers les puissances cosmiques parce que son économie est fondée sur la saisie, alors qu’il n’est que l’usufruitier d’un legs qui le précède et le dépasse.

Moyennant quoi ce malheureux curé (je le croyais wicked alors qu’il n’était que dirty, et c’est pour ça que je n’arrivais pas à remettre la main dessus) méconnait totalement sa nature, il est pré-freudien comme on pouvait l’être au XIXème siècle, et les Monty Python arrrivent à en faire rire même le premier compulseur sexuel venu. Mais c’est pas en rigolant qu’on peut faire le ménage dans ses addictions.
Le premier axiome du pylone auto-réflexif qui en découle, c’est que pour éviter d’avoir les fils qui se touchent, il faut renoncer à construire dans les endroits venteux.

Après, on s’aperçoit que les vents, ils sont intérieurs. Et qu’ils peuvent très bien aller souffler dans d’autres tuyaux pour y jouer leur petit air entraînant.

On touche là les limites de l’autopédagogie de la rigolade.


Commentaires

  1. Je croyais que ce blog servirait désormais à nous faire part des progrès de ta pratique. Au lieu de ça, qu’y trouve-t-on aujourd’hui ? Des réflexions !

  2. Je ne puis nier cet écart à la ligne de conduite que je me suis fixée et de laquelle je ne sortirai plus.
    D’autant plus que le niveau desdites réflexions n’arrive pas à la cheville de certains que je connais et qui m’envoient en mp de salutaires coups de bâton.
    Je m’interroge aussi sur la perte irrémédiable du sens des enseignements qui a eu lieu entre les Monty Python et Rowan Atkinson.

  3. Nous sommes désolés de vous annoncer cette terrible nouvelle: notre maître à tous John Warsen est enrhumé.
    Il ne peut s’exprimer actuellement, vous comprendrez aisément qu’il s’agit de vous épargnez des propos dont un aperçu ci-dessous révèle tristement sa souffrance:

    Ze bais nuanzer bes rézends brobos zur la baguidé de la dérizion. Guand on regarde le zkedj des Bondy Bydhon “Dhe Dirdy Biguar”, on guombrend bourguoi ça brend zi longdembs d’êdre guorregdebent zebrés de borno. Tout beut debedir zdibulus zi on n’a bas déblayé zon jamb bendant et abrès le zebrage brobrebent dit (gui ne dure gue guelgues bois zi on le fait abeg guonzdanze et déderbidazion, en gardant brézent à l’ezbrit gue d’ude façon ou d’ude audre, il faut en fidir.)

    On ezt un beu guobe des bylônes élegdrigues, la têde dans les nuages et les bieds dans la terre. Barfois l’inberze, alors ça fait baze, bais bref, des guourands énergédigues nous barguourent en tous zens, bais guobent nous gérons nodre élegdrizidé - ze gui rendre, ze gui zort - débend de l’inderbrédazion gue nous en faizons, gui elle débend de nodre bagage, de nos oudils, de nodre ezbérienze… et des dizbozizions de nodre inguonzziend. Or, le bendal groit gu’il trie, et ze brend bolondiers bour le jef de gare, alors gu’il agit en abal d’un jaos de déderbidizbes affublés du budilé douloureuz gue nous abbelons “le boi”. Gui zera touzours débideur enbers les buizanzes guozbigues barze gue zon éguodobie ezt fondée zur la zaizie, alors gu’il n’ezt gue l’uzufruidier d’un legs gui le brégède et le débaze.

    Boyedant guoi ze balheureuz guré (ze le groyais wigked alors gu’il n’édait gue dirdy, et g’ezt bour ça gue ze n’arribais bas à rebedre la bain dezuz) béguodait todalebent za nadure, il ezt bré-freudien guobe on boubait l’êdre au ZIZèbe ziègle, et les Bondy Bydhon arrribent à en faire rire bêbe le brebier guombulzeur zezuel bedu. Bais g’ezt bas en rigolant gu’on beut faire le bénage dans zes addigzions.
    Le brebier aziobe du bylode audo-réflezif gui en déguoule, g’ezt gue bour ébider d’aboir les fils gui ze toujend, il faut redonzer à guonzdruire dans les endroids bendeuz.

    Abrès, on z’aberçoit gue les bends, ils zont indérieurs. Et gu’ils beubent très bien aller zouffler dans d’audres tuyauz bour y zouer leur bedit air endraînand.

    On touje là les libides de l’audobédagogie de la rigolade.

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