lundi 6 octobre 2008

train de pensées d'un jour brumeux

Il est bien loin le temps où je m'intoxiquais fébrilement de billevesées new age - même si par rapport aux calembredaines modernes, les miennes font plutôt old school.
Aujourd'hui l'inspiration se fait rare, et même si c'est pour dire des méchancetés gratuites, faut que je profite de la marée quand elle est haute.
Alors j'ai travaillé ces pensées éparses charriées par la mer des sarcasmes avec mon p'tit rabot à main, jusqu'à ce qu'il en reste ça. En fait c'est faux, c'est venu comme ça, comme un hedge fund pourri qui réclame sa créance déclinante. (rires enregistrés à très fort volume)

"Les femmes vieillissent moins bien que le pinard, surtout quand elles en boivent trop. Celles que nous aimions et qui se sont faites emboutir par le camion du temps (à moins qu'il se soit fait brûler la priorité par l'estafette du caviste) n'ayant ni la politesse de mourir ni l'élégance de nous quitter, alors que nous leur montrons clairement par nos silences et notre apathie à leur endroit comme à leur envers que si nous n'avons pas la lâcheté de leur jeter des pierres c'est uniquement pour ne pas leur montrer l'étendue de notre indifférence... nous laissent déments y bullés.
Nous naissons et mourons seuls, et dans l'intervalle séparant ces deux instants d'inconnaissance, nous élaborons de pathétiques stratégies pour lutter contre la panique qui nous engourdit à l'idée d'être crucifiés plus de trois jours entre ces deux néants, nous peuplons notre désert intérieur de figurines de terre cuite barbouillées à la hâte, avec plus ou moins de succès à nous amnésier avec, selon que la nature et la culture nous auront dotés de ressources de stupéfaction, et que l'époque se prète à leur épanouissement.
Plutôt que de courir après de nouveaux cadavres en devenir pour remplacer ceux qui coincent déjà dans les armoires qu'on n'ose plus ouvrir de peur d'y tomber sur le sien, tu pourrais exhumer du cagibi du passé le sentiment amoureux, indépendamment des personnes sur lesquelles il a pu s’exercer. Rappelle-toi de l’intensité, juste avant que la frustration ne lui tranche la gorge, rabaissant alors l’existence au rang de “misérable miracle” dépeint par des poètes aux mots inspirés mais aux vies chétives."

tiens là ça vire de Cioran à Michaux, je vais enfin attaquer sa biographie que ma mère m'a offert il y a quelques années déjà. Et puis il ne faudrait pas que quelqu'un qu'on connait prenne ça pour elle ou pense que ça ait quelque chose à voir avec du réel en cours, si tant est qu'elle y comprenne quelque chose.. d'abord, n'est pas Cioran (et encore moins Michaux) qui veut, mais quand il s'agit de désengorger une impression désagréable et diffuse en la mettant en dehors de soi, même si lorsque ce faisant on a de fortes chances de s'apercevoir qu'elle est encore dedans, au moins ne squatte-t-elle plus au-delà de l'espace qu'on lui a attribué en la dépeignant à rebrousse poil... et puis sécréter sa propre adrénaline sans tomber de l'emmerdement dans l'enfer-me-ment, ça se réussit pas du premier coup...
J'ai écrit ça sous l'abribus du délirium délétère, en pensant assez fort à quelqu'un, mais du coup la forme est super-datée, même lui il ne parle plus comme ça aujourd'hui.
Apparemment, moi, si.
Il faudra que je fasse le match retour en imaginant le point de vue de la nana sur son mec, et que c'est pas tous les jours des vacances d'agrément non plus, hein, faudrait pas croire.
En attendant, je le lui poste, et il me répond :
"Ta pensée est pour le moins judicieuse cher ami, quoiqu'un peu brutale pour être livrée telle quelle à un lectorat féminin qui n'en comprendrait pas le cynisme vengeur ! Mais peut-être que tu as plus de temps de pratique avec cette sorte de résignation terrible... je vais donc recopier dans mon cahier d'idées pour laisser reposer et ressortir plus tard quand sera venu le moment de faire un livre sur ce désenchantement-là... à bientôt "
Ca veut dire qu'il est aussi confus que moi dans sa pensée, ou quoi ?
Je n'ai fait qu'enfiler des perles au cul pas rares en contrefaisant une forme verbeuse qu'il, que nous affectionnions de partager ensemble...
Finalement l'inconscient sait très bien ce qu'il fait : qu'on m'adoube pour le "cynisme vengeur" et la "résignation terrible", amis douteux qu'il vaut mieux avoir en photo qu'en pension, mais adoubement que j'ai bien cherché, et je sens bien que je faisais aussi fausse route qu'hektor canon quand il se prend les pieds dans la vacuité existentielle à base de quiproquos sur les tenants et les aboutissants des situations dans lesquelles il s'implique. Ainsi lui réponds-je que le "cynisme vengeur" est condamné à l'autodestruction, parce qu'on ne prend jamais "sa revanche" sur quoi que ce soit, l'univers n'est pas câblé comme ça, d'autre part parce qu'il m'est effectivement arrivé d'avoir à renoncer pour amoindrir des frustrations, et qu'il faut bien voir la ligne de démarcation entre résignation (forme raffinée mais éreintante de suicide au quotidien : on s'enferme dans la tombe avec le cadavre de quelque chose mort-né qui commence à se décomposer) et renoncement, où on laisse tomber quelque chose, soit qu'on peut pas l'avoir soit que la motivation chute d'elle même ou sous la cause d'une influence extérieure. La moindre confusion entre ces deux entités psychologiques se paye cash. Notre inconscient n'est une cage d'escalier malpropre taggée au marker fluo par un concierge farceur, n'en déplaise à Thiéfaine et autres idolâtres entichés d'entropie. Ou alors il s'est simplifié la tâche : il s'agit de nous inciter à nous reproduire. Par tous les moyens. Point barre.
"Excuse moi de t'infliger ces cogitations matinales au fur et à mesure qu'elles émergent de mon pantalon de pyjama." conclus-je benoitement.
Je pourrais vous faire la même remarque.

à relire en écoutant "metavoïd" par lustmord (le lien est dans les commentaires) :
si la complaisance était une musique, ça serait le dark ambient.
Sans déconner.

dimanche 5 octobre 2008

contre la crise de nerd, un silence plus profond

C'est dimanche, on va pas se saouler plus que de raison, d'autant plus que hier je me suis aperçu que ça faisait déjà 16 ans jour pour jour que je n'avais plus touché un verre d'alcool; j'ai trouvé un utilitaire pour faire comme les cyber-voyous qui confondent piraterie et flibuste, je mets en ligne un Steve Roach récent, et je jure que je vais en acheter une pelletée sur amazon (quand on écoute l'original et la copie compressée en mp 3 on se rend compte qu'on est en train de perdre l'oreille, à force d'écouter des bandes passantes écrétées, c'est comme regarder des vidéos sur youtube ou dailymotion...)

Le lien est dans les commentaires.
j'explique : en général, sur les blogs musicaux hyper-spécialisés par genre, ils mettent le lien dans la partie "commentaires" de chaque article : là où on peut en principe déposer un commentaire dans un blog normal : en bas de l'article, et avant le suivant, indiqué par la ligne "comments" en anglais ou "commentaires" en français, généralement précédé du nombre de commentaires auquel l'article a donné lieu.
donc tu cliques sur la partie commentaires, qui s'ouvre en général dans une nouvelle fenètre, et soit tu tombes sur le lien direct, soit sur une adresse à recopier dans ton navigateur, qui renvoie vers l'adresse du fichier, en général un serveur rapidshare ou megaupload. Celui-ci (le serveur) te demande éventuellement de recopier un mot de passe pour s'assurer que tu n'es pas un robot; puis il te permet de télécharger le fichier.
Une fois le fichier téléchargé, il faut le décompacter, sur mac avec unrar, sur pécé en général il trouve l'utilitaire tout seul, winrar je crois.
Mais sur http://music-share.blogspot.com/
par exemple, il y a un mot de passe pour décompacter le fichier, c'est "fucksarko".
Là chez moi c'est sans.
un mec à qui j'expliquais ça l'autre jour m'a dit "Des fois j'ai l'impression que tout le monde me parle en chinois, ou que j'ai changé de planète un truc comme ça!" et pourtant ce gars-là était féru d'internet, de sites, de mises en ligne... il avait dû décrocher pendant quelques mois, et son cerveau n'arrivait plus à se remettre dans le bain. Il se traitait de crétin alors qu'il n'était qu'ignorant.
La technologie moderne, dans le train de laquelle nous circulons à marche forcée, nous laisse-t-elle d'autre choix que d'être cyberplouc ou addict ?
Fait notable, dans le temps, quand on téléchargeait un fichier sur megaupload, on était assailli d'images de famapouals, ou de simples portraits de jeunes et jolies femmes qui voulaient soi-disant nous rencontrer.
Uh uh, c'était même pas vrai mais c'était désagréable pour ceux qui n'étaient pas encore immunisés contre des images avec lesquelles ils avaient parfois été en résonance depuis plusieurs années.
Il leur était donc déconseillé de fréquenter de tels sites; il semble que le ménage ait été fait, et que les cochonneries aient été regroupées ailleurs.
Allelouia.

samedi 4 octobre 2008

cinquante Steve Roachs, et après au lit

Allez, hop, comme John Horus dans Black Summer, je me ballade entre flashbacks et temps présent, sans trève ni repos. Qu'est-ce que je m'amuse, vous n'avez même pas idée. Je me demande bien pourquoi, quand je regarde sur le site de Steve Roach s'il a pondu de nouvelles galettes, je suis toujours pressé d'écouter son dernier album. Qui risque fort de ressembler au précédent, et au suivant. Enfin, si, je sais pourquoi, c'est de l'avidité déplacée vers un objet moins brûlant qu'avant. J'en ai déjà plus de cinquante, des Steve Roach, et je suis la risée de ma famille, à jamais banni des platines, d'ailleurs mon grand-père disait "Steve Roach c'est comme les films de fesse, quand on en a vu un on les a tous vus", mais il ne m'a jamais dit combien il en avait vus lui, surtout que dans les années 70 ça devait pas être évident, et de toutes façons tout ce qui est figuratif sur le plan musical me suffoque désormais, dit-il en montant de l'autre main un film sur ses vacances en Californie qui sont parties bien loin avec mes éconocroques qui ont tout fondu à cause de l'effet de serre qui ne s'attaque pas qu'aux banquises. La glace fondue ça a un arrière-gôut de miko décati, l'économie fondue on pense aux bagnoles neuves marchant au di-esther qu'on aurait pu se payer. Mais j'aime bien l'ambient music parce qu'elle décourage la saisie émotionnelle; essayez d'écouter un vieux Pink Floyd sans que vos 15 ans vous retombent dessus, au moins juste un tout petit peu, vous comprendrez. Donc, l'ambient music, au début, quand j'écoutais Steve Roach, je visualisais sans le vouloir des américaines quinquagénaires en traitement musicothérapeutique post-cancéreux, casque stéréo bien enfoncé sur leurs oreilles, bref j'étais victime de mes présupposés musicologiques. Y'a des disques d'ambient qui font ricaner presque aussi fort que quand on feuillette un bouquin au rayon spiritualité de la fnac. Mais Steve Roach, quand même, par rapport à la musique occidentale désespérément rythmée qui découpe le temps en petites tranches hachées fin fin parce que comme ça elles seront plus rentables, lui il fait des nappes, s'étire des réverbs dans des durées improbables, et pour faire du pranayama, c'est un environenment sonore agréable. Plus on est de sourds, moins il y a de rires. Je suis tombé récemment sur une brève histoire de l'ambient volume 2, assez bien faite comme il dit le monsieur du blog musical avec l'accent ricain. On n'entend ni l'accent ni le timbre des gens en lisant leur blog, dommage, ça serait instructif. Mes appétits grossiers et mes super-pouvoirs ont tôt fait de me faire mettre la main sur le volume 1, un peu plus kitsch, mais bon, qui n'a jamais eu l'impression de se faire arnaquer en écoutant Fripp et Eno ? si on l'avait acheté avec nos sous, on s'obligeait à l'écouter jusqu'à ce que ça nous plaise, et ça prenait parfois longtemps. J'aimerais bien faire blog musical, des fois, envoyer des fichiers RAR sur megaupload ou rapidshare, depuis que e-mule agonise de vérolation on est obligé de télécharger du bittorent et y'a que des trucs ricains à se mettre entre les oreilles. Mais je n'arrive pas à trouver un bon utilitaire pour archiver des mp3 en fichiers RAR sur mac OS X, et le fou de laswell a mis fin à son séjour blogguesque. Si vous savez, n'hésitez pas. Vous savez où j'habite.

vendredi 3 octobre 2008

usa 6 : black summer



















Depuis qu'on s'est promenés là-bas, j'essaye de comprendre un peu la culture américaine.
Je lis des comics en version originale, waow.
Quand j'étais petit et que mes parents avaient attrapés le communisme, je n'avais pas le droit de lire Strange, alors que j'avais un besoin vital de super-héros que ni Pif le Chien , ni les Tristus et les Rigolus, ni même Corto Maltese, qui y faisait ses premières apparitions, ne pouvaient pleinement combler.
Les comics ont grandi, ce qui était aussi improbable que si Spirou était aujourd'hui affligé d'éjaculation précoce, mais bon...
Superman, au départ, combattait les nazis. Les Américains n'ont jamais pu s'affranchir du bon Dieu et de ses avatars omnipotents qui font fondre le babybel avec les yeux: le super-héros c'est un mix entre l'archange free-lance et le sous-off au royaume de la libre entreprise, qui devrait prochainement faire des noeuds avec les immeubles de Wall Street en ayant enfermé tous les traders dedans, parce que vraiment, ils ont trop déconné avec les sous de la veuve de Carpentras.
En attendant, les mythes et le monde ont bien changé, et Warren Ellis imagine des super-héros tellement préoccupés du bien commun qu'ils vont dessouder le président des Etats-Unis. Ca fait plus bavure à la The Shield, et c'est un cran plus loin qu'Authority, qui s'interposait et n'hésitait pas à s'immiscer au coeur de la raison d'état quand l'incurie gouvernementale lui semblait entraver la marche du monde. Mais bon, c'est jamais que de la bédé, quoi, hein, c'est pas non plus le petit livre rouge du XXIème siècle.
On ne trouve pas ça en France, même en import, parce que Ellis s'est entiché d'un petit éditeur chelou et sulfureux, Avatar Press, pour tout ce qu'il fait de non-mainstream. Et il en fait quelques kilomètres chaque année, souvent à la limite de l'auto-parodie.
A San Francisco, après avoir marché quelques kilomêtres sur Divisadero Street j'en ai acquis quelques fascicules, ce qui fait de moi l'Hector Kanon de la branche nantaise de l'élite geek néo-nerd.
Surtout que la première fois je savais pas que la rue faisait 8 bornes, je suis arrivé après la fermeture du magasin.
Sinon, on les trouve par les voies illégales habituelles, même si lire des bédés sur l'ordi conduit en enfer (et les yeux au cimetière).
C'est plutot du brutal et qui tache, et le dessinateur se prend pour Geoff Darrow époque Hard Boiled, il y a une bonne osmose entre eux. Ils ont fini çui-là et ont déjà mis en chantier un autre projet qui s'annonce aussi trash et grandiloquent.
Voilà.













































http://en.wikipedia.org/wiki/Black_Summer

jeudi 2 octobre 2008

le retour d'hector kanon




Libon, l'auteur de Hector Kanon, dit de son anti-héros qui refile par erreur la diarrhée à Iggy Pop :
"Il navigue dans des univers qui me sont complètement incompréhensibles... Le fait que je sois complètement à coté de la plaque niveau branchitude m’aide beaucoup. Hector, c’est ce que ça donnerait si je décidais d’avoir sa vie et sa grande gueule: une catastrophe. Il y a quand même des situations où je me suis inspiré de moi. Dans l’épisode du petit café à l’ancienne, je suis plus ou moins dans tous les personnages... "
D'accord, il ne s'agit que d'une forme bénigne de tragédie comique autour de la vacuité existentielle à base de quiproquos de personnages tellement aliénés qu'ils ne peuvent interagir sans se méprendre totalement sur les tenants et les aboutissants des situations dans lesquelles ils s'impliquent, mais ça fait du bien.
Après tout une bonne partie de notre vie consciente se déroule ainsi, malgré des résultats moins spectaculaires qu'Hector, à croire que nous sommes tel type de personne impliqué dans tel cas de figure, alors que les conséquences de nos actes (et de nos non-actes) racontent une toute autre histoire.
C'est pourquoi il faut acheter son premier album "Une certaine élite" et l'offrir à des amis malades. Au besoin, prendre des amis sains et les rendre malades, l'album est vraiment très salubre et les remettra d'aplomb; et je garantis aussi le retour de l'être aimé dans les 3 jours sinon finie la garantie.

J'en ai déjà acheté trois, ce qui fait que j'ai dû lui faire gagner pas loin de 6 €; c'est généreux de ma part, mais insuffisant, d'autant plus que j'ai volé un épisode récent sur un forum où un plus fou que moi a scanné tout un numéro de fluide glacial, heureusement il est allé un peu trop vite et la dernière page est un peu floue, appâtés par l'échantillon gratuit défectueux, il faudra donc acheter aussi le prochain album. Qui se présente quand même très très bien.

















































mardi 30 septembre 2008

usa 5 : le feu au lac


Le monde de la finance s'effondre.
Faudra-t-il bientôt aller acheter sa baguette de campagne avec une brouette de deutschmarks, comme en 29 ?
Il y a 30 ans, le crypto-imbitable et sublimissime Jacques Dartan avait prévu avec sa théorie des ensembles économiques que dans un monde qui confondait le profit comptable, c'est-à-dire symbolique avec le profit réel ( les richesses produites, matérielles ou non, qui sont les seules réellement profitables aux humains) nous vivions dans un monde où l'abondance des profits réels allait entraîner la disparition des profits symboliques.(1)
Lorsqu'il y a "surproduction", disait-il, les prix tendent à baisser au point où les producteurs perdent de l'argent au lieu d'en gagner : le profit symbolique disparaît. Après quoi, faute d'argent, leurs moyens de produire sont réduits ou détruits et les profits matériels disparaissent eux aussi. Vous allez me dire que la crise actuelle n'est pas une crise de surproduction.
Mais que sont les errements spéculatifs, sinon une surproduction de pognon à l'usage des élites pognonophiles ?
Depuis 50 ans, nous sommes virtuellement entrés dans une ère d'abondance, et seule une pénurie artificiellement entretenue nous en préserve (on se doutait bien que j'étais comme Bigard un grand fan des théories conspirationnistes). Je ferai un post là-dessus.
Un grand chef indien l'avait dit plus simplement :
Lorsque l'homme blanc aura mangé le dernier poisson, abattu le dernier arbre et pollué la dernière rivière, l'homme blanc se rendra compte que l'argent ne se mange pas...
Je ne vais pas me réjouir avec les Cassandre, parce que j'aurais dû sortir bien plus tôt de mon Plan d'Epargne en Actions et que j'ai déjà perdu 30 000 euros "virtuels" par rapport à sa valeur liquidative d'il y a un an... mais bon, shit happens, et celle-là est plutôt bénigne, je me réjouirais presque d'être assez informé pour le faire maintenant, et mon rapport à l'argent, de vaguement honteux s'est beaucoup éclairci vu le temps que ça prend de le gagner, cet argent que je n'ai ni bu ni fumé ni claqué en téléchargement de muqueuses, et je plains surtout les nombreuses petites gens (je viens d'en discuter avec mon conseiller financier) qui sont tellement verts de la chute de la Bourse qu'ils sont incapables d'accepter les pertes actuelles et qu'ils vont attendre qu'il ne leur reste que de la cendre dans leur portefeuille d'actions pour admettre la branlée au lieu de mettre le magot en lieu sûr sur des placements moins performants mais moins risqués.

(1) dans l'économie libidinale du pornographe coincé devant son ordi, c'est l'inverse : c'est l'abondance voire la surabondance de profits symboliques et de gonzesses virtuelles qui entraine la disparition de sexualité réelle.

jeudi 25 septembre 2008

usa 4 : j'aurais bien épousé une star du porno, mais ma femme n'était pas d'accord

Le titre m'est venu comme ça, et je pense qu'il se suffit à lui-même.
Comme j'ai la flemme d'écrire l'article, j'en ai emprunté un sur le site de libération, qui montre bien que tout est lié.

De la lutte contre le piratage au business du porno, par Fabien Salliou

L’entreprise MediaDefender, engagée notamment par Universal Pictures, Paramount Pictures et HBO pour protéger les droits d’auteurs de leurs œuvres, vendait ses services afin de polluer les réseaux de faux fichiers de films censés décourager les P2Pistes. Le 15 septembre 2007, elle faisait parler d’elle bien involontairement. En effet, après un acte de piratage, 700 Mo de mails issus de MédiaDefender se retrouvaient disponibles sur les réseaux p2p.

A l’époque, MediaDefender se faisait payer 4 000 dollars pour « protéger » un album, 2000 dollars pour un single et un contrat de 3,6 millions de dollars avait même été signé avec un studio du cinéma pour « protéger » seulement quatre films. Pour les différentes majors le but, sans doute utopiste, était simple : la disparition des réseaux P2P. Visiblement, l’entreprise de lutte contre le piratage avait d’autres buts moins avouables.

La société a en effet exploité les réseaux P2P et utilisé ses infrastructures pour faire la promotion de services pornographiques sur eMule, Limewire et edonkey. MediaDefender aurait spammé Limewire et d’autre réseaux de partage avec des milliers de fichiers pornographiques, « essayant ainsi de convertir les utilisateurs de P2P en souscripteurs payant de ses sites », ironise le site TorrentFreak. Le principe était simple : les faux fichiers avec lesquels l’entreprise spammait les réseaux redirigeaient en fait les utilisateurs vers des sites pornos payants.

Ainsi, afin d’arrondir ses fins de mois, MediaDefender travaillait en collaboration avec des sites destinés aux adultes dont Adult Friend Finder. Un e-mail retrouvé par TorrentFreak, parlait même du taux de conversion des P2Pistes : « Adult Friend Finder en convertit 1 sur 2000 sur LimeWire. Et si vous voulez plus d’utilisateurs, les messages de Dylan d’eDonkey vous fera obtenir une liste d’européens un peu plus vieux... »

Plus encore, l’un des employés de MediaDefender, Ben Grodsky, avait même imaginé une théorie qu’il avait fait partager à ses collègues dans un courriel collectif. Selon lui, si « les redirections à partir de LimeWire entrainent beaucoup de souscriptions à des sites porno, c’est que les utilisateurs, submergés de parodies et autres vieilles versions de vidéos porno sur le site de partage » sont « heureux » de trouver des liens récents par leur système.

Mais ce n’est pas tout, MediaDefender disposait (et dispose, le site est toujours actif) de son propre site X, site dont la côte de popularité, une fois les mails rendus publics, a subi une chute vertigineuse de ses visites. Ce qui laisse supposer que MediaDefender a arrêté depuis ses petits trafics. Et que le système imaginé marchait fort bien.

Je ne sais pas si on mesure les tenants et les aboutissants dans cette partie de "qui nique qui" engagée entre les studios de cinéma, des cyber-gros bras au col douteux, les fournisseurs d'accès internet, et bientôt les opérateurs téléphoniques... En tout cas, on frémit de faire partie de ces "européens un peu plus vieux", bien que les Américains n'aient pas à ma connaissance une pyramide des âges en meilleur état que la notre; d'après ce que j'en ai vu ils se contentent de planquer leurs vieux dans des "retirement camps" où ils s'entassent dans des mobil-homes vu la modicité de leur retraite.

Et on réfléchit aux incidences du téléchargement illégal, de tout le techno-merdier promis et promu par la téléphonie 3G, des gens qui pètent les plombs de s'exhiber sur YouTube en train de faire des trucs de ouf, des bloggueurs de plus de 50 ans qui passent la journée à surveiller leurs stats de fréquentation, des Nerds et des Geeks que nous sommes tous peu ou prou devenus.