jeudi 10 décembre 2015

la course contre la honte (4/4)

Il m'écrit (lui) : 
»Salut mon vieux sage,
C'est idiot, et étrange ... je continue la dérive lente, faite de ressacs.
Je crois que fondamentalement, l'idée de l'abstinence ne passe pas dans ma tête.
Je ne me sens pas de taille. J'espère me lasser, sans y croire. Je tiens, dans une vie qui tient un peu par miracle, aux limites, avec une bonne dose de mensonge par omission. Tout ça est bien fragile. Néanmoins, je m'intéresse aussi à autre chose niveau loisir, ça c'est mon vieux côté passionné. Je ne suis donc pas dépressif aigu, bien que malheureux.
C'est idiot, et étrange ... j'attends surement un événement, en actionnant les manettes à ma disposition : changement de vie, ... c'est déjà énorme ! J'aurai déménagé 2 fois et changé 4 fois de statut en 1 an 1/2 (boulot 1, chômeur, boulot 3, boulot 4 à venir). Peut être faut-il s'exiler loin, mais loin de toute connectique ? et alors, pourquoi ne pas l'envisager ? sinon, des médicaments. Je commence à me poser sérieusement la question ...
Bien à toi, la warsenure !


Je lui réponds :
"t'as vraiment décidé de mourir la bite à la main et les bottes aux pieds comme un vrai cowboy ?
ton truc, c'est comme visiter le salon de l'auto sans pouvoir jamais acheter une seule voiture.
Se condamner au lèche-vitrines perpétuel, c'est de la cruauté mentale envers soi-même.
C'est un truc de smicard, pas d'ingénieur. (il va décrocher ce nouveau job, mais comme il s'est interdit internet à la maison, il ne surfe qu'au boulot et est un peu inquiet de se rendre compte que demain, il n'aura pas "droit à l'erreur" qu'il s'accorde aujourd'hui)
anyway, l'abstinence, c'est que pour aujourd'hui : hier c'est trop tard, et demain est hors de portée.
"J'espère me lasser, sans y croire." là franchement, j'ai trouvé mon maître dans le sophisme.
Je m'incline. Mais pas devant ma bécane.

Enfin, pas aujourd’hui.


L’addiction est n’importe quelle activité humaine, utilisée pour sa valeur hédonique, 
sur un mode plus ou moins déséquilibré. 

"Le grand secret, c'est d'accepter sa fragilité, dans le sens de cesser d'alimenter en vain cette partie de soi qui refuse la faiblesse, et qui se montre faible justement par sa dépendance vis-à-vis d'une image idéalisée de soi. Dans ce cas, accepter sa fragilité, c'est alors couper le problème en plus petits morceaux, pour pouvoir le digérer: car tant qu'on porte en soi une partie qui refuse l'autre et qui réclame à son profit toute l'énergie pour poursuivre contre soi-même un combat sans fin, on n'est pas prêt d'arriver. Alors qu'en cessant ce combat-là, on récupère son énergie pour réellement avancer.
Il n'y a pas d'autre solution pour sortir d'une dépendance, que de cesser de vouloir se croire plus fort que le produit. Il faut accepter son impuissance, accepter que le produit est le plus fort. On peut alors commencer à être vraiment fort, aussitôt qu'on n'est plus dépendant d'une victoire sur le produit. Entendons-nous bien: vouloir être plus fort que le produit, c'est vouloir en consommer de manière maîtrisée, c'est vouloir se prouver qu'on est capable de le contrôler, alors qu'accepter que c'est lui le plus fort, c'est cesser de le fréquenter, c'est ne plus rechercher dans l'impossible victoire sur lui l'image d'un moi fort que seule cette victoire pourrait fournir, c'est sortir de cette quête illusoire qui entretient le cercle infernal de la dépendance."

Mon parcours, je peux le résumer fastoche :
Une liste variée de subterfuges pour échapper à cette vérité apparemment insoutenable : 
de la naissance à la mort, nous sommes indiciblement seul (c'est pourquoi je retranche le s) dans notre pyjama en peau. Quand j'ai fini par accepter cette solitude comme une donnée de base plutôt que de la craindre comme une malédiction, et de vouloir la fuir à coups de compulsions paniques, l'équation a été plus facile à résoudre.

Evidemment que la dépendance de base, elle est affective et sexuelle :
Tout plutôt que la solitude, tout plutôt que la liberté et la responsabilité de donner un sens à sa vie.
Une fois ce gros morceau bien indigeste avalé, reste la question des outils.
La réponse que je me suis donnée, c'est de les essayer tous, jusqu'à trouver ceux qui me convenaient.
Un psychiatre, le sevrage, la rencontre d'Orroz, le costume de chevalier blanc sur les forums, une thérapeute, du bouddhisme, des blogs, le travail, le jogging, le rebirth, les rencontres avec des dépendants, les comics en VO… 
je mesure bien la chance que j'ai, et je comprends que je reste fragile, et puis redevenir la proie du tigre de l'addiction, prêt à me sauter dessus si je bouge, disons si je lève le coude ou si je commence à dégrafer mon ceinturon devant mon ordinateur, comme un vrai cow-boy fraichement arrivé en ville et qui se dit qu'il va se taper une cyberpute au saloon parce que ça fait 3 mois qu'il est dans le désert depuis trop longtemps, et que les vaches ça va bien un moment mais qu'elles ont une conversation somme toute limitée...
Bref. Un jour à la fois.

Le plus dur à trouver, c'est l'équilibre entre prudence et névrose. Je retrouve une note où une amie me rappelle que "L'addiction est plus ou moins le sort de chacun, bien que certains comportements compulsifs reçoivent des compliments, ce qui les fait passer pour autre chose. Il y a en effet des addictions à son travail, ou à la propreté dans la maison, p.ex. qu'on peut facilement observer autour de soi. 
Un autre point qui m'est venu à l'esprit, c'est que le simple fait de vouloir en finir avec l'addiction provoque une tension qu'il va forcément falloir relâcher, et comme la manière habituelle de décompresser est justement l'addiction, il est parfaitement normal que ça reprenne de plus belle.
C'est pourquoi je pense que le conseil de *** proposant de remplacer l'addiction par une autre moins gênante est un excellent conseil. Reste à le mettre en pratique, et là l'obstacle peut paraître insurmontable, vu qu'on n'a pas l'impression que le nouveau jouet vaille l'ancien, impression qui se confirme aux premiers essais.
Bref, en pratique, après avoir soigneusement noté tous les détails possibles sur le sujet, (…) l'obstacle ici est fait de prendre les choses au sérieux. En effet ce comportement compulsif qu'on a bâti à partir de rien, a l'air d'une montagne, et c'est là que les observations glanées aux trois niveaux peuvent nous venir en aide, pour décider de ce qu'il en est réellement.
Comme dit Castaneda, les gens ne savent pas à quel point il est facile de laisser tomber une habitude; et s'ils ne le savent pas, ils savent autre chose au sujet de ce qui nous occupe, à savoir p.ex. que c'est difficile, long, qu'il y a des échecs fréquents, bref toutes sortes de choses très sérieuses. 
Ce sérieux, c'est le fait de prendre nos idées pour une réalité de solide et immuable. Elles sont solides, en effet, ces pensées, pour peu qu'on leur prête vie, et immuables, si on les entretient, mais on peut parfaitement jouer à en inventer d'autres, qui seront non moins solides, et je suppose que c'est ce que font les bouddhistes tantriques qui en arrivent à prendre le thé avec leur yidam. 
Jouer avec les pensées, ça permet de faire un petit peu bouger les noeuds qui nous lient à cette réalité bien précise qui est la nôtre, car nos prisons commencent avec une pensée.
Après cette prise en mains des pensées, il convient de choisir une autre "addiction pour jouer", et là il suffit de choisir parmi nos penchants naturels, quelque chose de non gênant. Si on a l'impression que ça ne marche pas, il faut se rappeler que c'est un jeu; on fait semblant en attendant de voir qu'on a fait semblant beaucoup auparavant, pour en arriver à créer cette réalité qui nous embête. "



 "Tant qu'un homme n'a pas réalisé qu'il ne PEUT PAS s'arrêter, il continue de croire qu'il n'a pas de problème. Pourquoi? Parce qu'il est tellement fier qu'il ne supporterait pas de passer pour un drogué. Et pourtant... le reconnaître, c'est faire le premier pas vers la délivrance.
Vous avez tous remarqué que ce Forum s'intitulait ORROZ & Dépendances. Cela signifie bien que toutes les dépendances sont liées. Mais elles ont leur origine quelque part dans la psyché. Dans votre prime enfance ou lors de votre adolescence, ou plus tard quand vous avez commencé à devenir adulte mais que vous avez eu du mal à l'accepter. En fait, tous les dépendants sont des bébés qui ne veulent pas devenir adultes, cad s'assumer. Alors, ils conservent la tétine le plus longtemps possible (la clope au bec, le verre d'alcool, le pétard ou la dose de sexe virtuel). Une fois que vous avez compris ça, il faut se faire aider. Je le répète encore une fois: SEUL vous n'y arriverez pas aussi rapidement ! Alors, préférez-vous passer trois ans à vous sevrer, ou une seule année ?
Quand j'étais encore dépendant, je vivais une véritable dépression.


Moi aussi je suis passé par les "sites de célébrités (chanteuses, actrices...)" et "au bout de quelques minutes de navigation je me retrouvais à télécharger des trucs pornos..." Moi aussi, je me retrouve quand il dit qu'il serait capable de se "provoquer une maladie incurable pour que les gens viennent me consoler, me soutenir, me plaindre..."
Et comme j'étais psy, cela me fit alors prendre conscience que je n'avais pas résolu un problème majeur : celui de cet enfant intérieur qui avait souffert dans son enfance d'un abandon. Je me suis fait aider par un collègue et j'ai commencé à me sevrer car j'ai compris que je devais GRANDIR ! que me lamenter ne servait à rien, parce que si quelqu'un m'avait pris dans ses bras en me disant "oh le pauvre petit comme il a bien du chagrin", cela n'aurait rien changé à mon mal-être et je serais inévitablement retombé dans l'addiction. Ce n'est pas d'un câlin dont a besoin l'enfant blessé, mais de quelqu'un qui lui explique que la vie n'est pas un long fleuve tranquille et qu'il doit GRANDIR afin de se guérir lui-même de ses blessures.
a+
Orroz


"Nous nous percevons comme des réservoirs vides ne demandant qu’à être comblés, et l’autre devient alors cette source à laquelle nous aimerions nous abreuver. Qu’il s’agisse d’une rencontre avec un maître spirituel ou avec une maîtresse ou un amant, nous devons réaliser que cette manière de rencontrer l’autre comme s’il était source de notre plénitude est une erreur fondamentale.
Je ne dis pas que les relations doivent être évitées mais qu’elles doivent être vues pour ce qu’elles sont : des lieux possibles d’expression de l’amour mais pas des échoppes où l’on viendrait s’achalander."



La question qui devrait hanter le dépendant ado ou adulte, c'est "combien de temps faut-il pour être sevré et pouvoir laisser trainer un regard amusé à la devanture du rayon hot du marchand de journaux à l'idée de ce que la frustration peut faire vendre ?"

Les dépendances sont liées. Mais elles ont leur origine quelque part dans la psyché. Dans votre prime enfance ou lors de votre adolescence, ou plus tard quand vous avez commencé à devenir adulte mais que vous avez eu du mal à l'accepter. En fait, tous les dépendants sont des bébés qui ne veulent pas devenir adultes, cad s'assumer. Alors, ils conservent la tétine le plus longtemps possible (la clope au bec, le verre d'alcool, le pétard ou la dose de sexe virtuel). Une fois que vous avez compris ça, il faut se faire aider. Je le répète encore une fois: SEUL vous n'y arriverez pas aussi rapidement ! Alors, préférez-vous passer trois ans à vous sevrer, ou une seule année ?

Il y a pour l'instant un commentaire client.

http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2015/08/04/une-breve-histoire-de-la-censure-des-sites-pornographiques_4711451_4408996.html

Edit : 

Objet : Blasphémator® matin et son supplément paroissial





La pensée du suicide est une puissante consolation : elle nous aide à passer maintes mauvaises nuits. (Nietzsche)

mercredi 9 décembre 2015

Le revirement très inattendu quoique prévisible de John Warsen (Régionales 2015, premier tour)

"A droite on s'attendait à une vague bleue, et au final c'est plutôt une vague bleu marine"
(un journaliste de l'Immonde)

"Celui qui s'endort avec le cul qui le gratte a de fortes chances de se réveiller avec le doigt qui sent"
(Confus ? Suce ! , maitre spirituel de J.W.)


L'Année dernière à Marienbad, l’année prochaine à Buchenwald !
© Warsen, e-card early 2012
Technique mixte : selfie, Livres d'Art, photochope, Seroplex® 


Hé les gars les filles !
N'oubliez pas que dès 2012, j'étais avec vous, quand même.
Par l'esprit, sinon par le coeur.

Edit : 
J'ai failli oublier mon message personnel au FN.
Tant de bonheur me fait perdre la tête.



Edit : 

Et Pourquoi en France, au fait ? hein ?

mardi 8 décembre 2015

Les climatosceptiques, au bûcher !

Les climatosceptiques, j’ignorais qu’ils avaient résisté à la vague de chaleur qui secoue la planète.
Au propre, au sale, au figuré.
Je pensais qu’ils avaient fondu.
Ces gens-là m’incommodent, et pas que Louis XVI.
Ils sont là, fichés dans le terreau de leurs convictions stupides, qui se trouve aussi être la Terre de mes ancêtres et de mes éventuels descendants, avec leurs panonceaux négationnistes, tranquille pépère, comme une offense à l’intelligence humaine qui a fini par comprendre que quand elle pète, ça pue, et qu’il est dangereux de craquer une allumette à proximité d’une cuve de méthane au joint d’étanchéité manufacturé Allah va-vite par des sous-traitants asiatiques pue scrupuleux et payés au lance-pierres.
Ca m’évoque un post ancien d’une anoyme peu connue :
« Et même lorsqu'il y a offense, il faut savoir que les gens sont rarement conscients de faire des offenses. Comme qui dirait, c'est "inconscient", et la part de l'inconscient dans le comportement humain est énorme. J'ai une expression pour ça : "ils sont de mauvaise foi de bonne foi". Et cela, tu n'y peux absolument rien. Si leur économie psychique nécessite qu'ils ne soient pas conscients de l'offense, ils auront des hallucinations plutôt que de voir le mal qu'ils font. Le mal n'est jamais conscient. As-tu lu Le chemin le moins fréquenté ? L'auteur, un psy, nous donne des exemples d'actes absolument diaboliques... dont leurs auteurs n'ont pas conscience.
Disant cela, je ne juge pas XX, mais son karma n'est pas le mien, et ne peut pas le devenir, tant que je ne le condamnerai pas. Et je ne le condamne pas, car pour sûr je ne le souhaite pas. »

Je ne saurais mieux dire.
Et qu'ajouter ?
Sinon qu'après les gens de mauvaise foi de bonne foi, en ce concerne les climatocyniques, j'ai bien l'impression d'avoir affaire à des gens de mauvaise foi de mauvaise foi.Désolé les gars, mais la planète se fuckin' réchauffe.
Même Obama s'en est ému, et pourtant il ne va pas souvent aux Emotifs Anonymes.
Après les Anonymousses au chocolat, voici donc le temps de les Anonymousses carbonique, pour faire baisser la température.
Pour les Anonymousses alcooliques, écrire au journal, qui transmettra.
















Le djhadiste francais Salim Bengalem s'est caché parmi ces images pieuses.
Sauras-tu nous aider à le géolocaliser afin que justice soit faite ?
Ne tarde pas trop, on arrive déjà à court de munitions.

lundi 7 décembre 2015

La course contre la honte (3/4)

"Les dérives de la pornographie dans notre société."
 dis-tu...
Ca n'existe pas, ça. 
Dès qu'il y a trois ronds à faire avec quelque chose, le capitalisme se jette dessus comme la vérole sur le bas clergé breton, c'est tout. 

Je serais à sa place, je ferais pareil.


Le porno n'est pas un besoin ou une pulsion "en soi" mais une façon pathologique de répondre à un besoin naturel : la pulsion sexuelle. 
Notre appétence pour le porno est une habitude acquise, construite, et non un besoin.

"Je redis encore que c'est surtout les premiers temps qui coûtent et ensuite, plus le temps passe et plus c'est gérable. Je suis vraiment l'exemple du gars qui a eu du mal à décrocher (tu peux relire mes témoignages pour preuve) donc si moi j'y arrive après être passé par des phases de grand désespoir je pense que beaucoup d'autres peuvent y arriver. J'ai essayé, essayé encore ...Je crois que l'important malgré la tristesse et le désespoir qui nous submerge parfois c'est de ne pas de décourager et de ne pas baisser les bras. 
Chaque jour de pris est un jour de gagné. 
Trois jours c'est trois jours, une semaine c'est une semaine de gagnée et un jour ou l'autre les circonstances extérieures font que l'abstinence dure plus longtemps, voire peut être pour toujours...mais ca on ne peut jamais en être sur ! Courage a toi ! 
Ne renonce jamais. Quoiqu'il t'arrive. A bientôt."



Il me semble que tu prends le problème à l'envers : que tu déduis de ton comportement (rechutes) que tu n'es pas très motivé. 
C'est l'erreur de tous les dépendants. 
C'est pas parce qu'on s'est cassé la gueule du vélo qu'il faut en conclure qu'on sait pas en faire, au contraire, y'a plus qu'à remonter dessus et réessayer.


La colère, ou n'importe laquelle des émotions perturbatrices, est dangereuse pour les pornoïques et peut les rapprocher de la rechute "par dépit" et vain espoir de consolation infantile. 
Et nous ne sommes plus des enfants.

Ou alors de vieux enfants tristouilles, qui rêvent d'une dernière petite pipe de la Mère Noëlle (avec ses bottes, de préférence)



Je crois que j'ai eu une putain de chance, car dans le fond je suis resté cyber-addict (le forum/mon blog/mon taf sur ordi), mais le motif du papier peint mental de ma cellule capitonnée ne s'orne plus de cravates (de notaire) au goût douteux.

Les fondamentaux sont effectivement sur le site d'Orroz.
Les cycles d'appétence (envie d'aller se faire sauter la rondelle sur tel ou tel site) et de soulagement (vraiment plus aucune envie de s'emmerder à se retrouver le froc baissé devant sa bécane, l'humiliation ultime) réduisent leur amplitude.

Moi aussi j'ai un dévorant besoin de reconnaissance, mais pour aujourd'hui la mienne me suffit - et attention à l'autosatisfaction.

La reconnaissance il faut l'entendre dans tous les sens : je me re-connais en tant que dépendant en sevrage, et j'éprouve de la gratitude envers vous tous qui avez rendu cela possible.

Faut vraiment faire le grand ménage dans ses marque pages...normalement, ça suit dans la tête, et ça s'efface, à condition de remplacer par quelque chose de plus nourrissant pour l'imagination que les démons qui nous font tripper au-delà du réel.
"Et comme chacun sait, les démons trouvent à s'accrocher là où on les rejette. C'est cela qui les nourrit et les renforce. Inversement, si on les embrasse, ils n'ont pas 36 solutions, se dissoudre ou s'enfuir en criant kai kai. - Il y a aussi la possibilité où l'énergie du démon est très puissante, et là il est absolument impossible de les embrasser, on a soi-même le sang glacé et on est vidé de tout. Je pense que l'habitude aidant, on peut en subjuguer des plus en plus gros."
c'est un effet secondaire des hallucinations pornoïques : on prend les femmes pour des bouquins pornos et réciproquement. 
On est totalement à côté du réel. 
Et le signe qu’on est envouté, c’est qu’on ne pense pas à demander de l’aide.


"On peut effectivement choisir sa dépendance. La seule chose qu'on ne peut choisir, c'est de ne plus avoir de dépendance, pour cela il faut faire une ascèse. Mais je témoigne pour ma part avoir eu de multiples dépendances, et que rien n'est plus facile que de remplacer l'une par l'autre. On prend en général ce qui est le plus pratique : on ne se créera pas une dépendance au vélo si on habite à Lille. Mais à Cannes ou dans les Alpes, ça le fait bien. Si on n'aime pas le sport, on a le choix entre les séries télé, la lecture, les jeux videos, la bouffe, les animaux familiers... (je parle ici de dépendances de célibataires, je ne connais pas les autres). D'ailleurs j'ai justement un ami qui a décidé de couper certaines dépendances, et il a constaté que son esprit en retrouvait d'autres aussi vite. C'est pour ça que les cyberdeps en cours de sevrage me font marrer. Ils croient qu'ils vont être libres, alors qu'ils ne font que remplacer leurs chaînes pour d'autres plus pratiques et moins visibles.
"
Et le propriétaire du blog sur lequel a eu lieu cette déclaration ajoute :

"John, bien sûr que c'est un petit diablotin très malin qui m'a soufflé ça à l'oreille. 
Tu ne crois pas que l'ado qui fume sa première cigarette n'est pas au courant que ça entraîne une dépendance ? 
que celui qui se plante une aiguille ne sait pas où ça va le mener ? 
Et pour aller plus loin, tu ne penses pas que celui qui se branche sur un site de Q ne se doute pas un peu qu'il est justement trop attiré par ce genre de choses ? 
Que le type qui paie un abonnement à World of Warcraft s'imagine que c'est pour une semaine ? 
Ou que si tu sors avec une fille, tu as 99% de chances de te retrouver sept ans plus tard avec une maison et une tripotée de bambins ? J'ai vraiment du mal à croire l'hypothèse de Kiki avec sa surprise totale.
En plus, si tu regardes les sociétés tribales, ou même certaines civilisations proches, la plupart sont tous camés jusqu'à la moëlle. Et chez nous, c'était l'alcool au début du siècle et la cigarette et le café maintenant.
A partir du moment où ça titille les voies du plaisir et de la récompense dans le cerveau, et à partir du moment où il y a habitude ou accoutumance, il y a dépendance. Alors soit c'est chimique et c'est la merde grave. Soit c'est psychologique et on peut remplacer plus aisément - je suppose du moins - une dépendance inutile par une autre utile. Il y a les dépendances qui sont valorisées socialement - et qui sont vraiment des dépendances car sitôt que ça s'arrête, c'est la cata - genre le boulot, le conjoint, les bambins. Aussi je pense que ceux qui choisissent une dépendance dévalorisée le font un peu exprès.
En bref, dans l'ensemble, je pense que ce qu'on appelle une dépendance, c'est plutôt un manque de variété dans les dépendances. 
Et qu'il y a problème à partir du moment où l'une d'entre elles bouffe toutes les autres. Je pense aussi que certaines personnes ne veulent pas être dépendantes à certaines choses, parce qu'ils sentent qu'ils prendraient une trop grosse gamelle en cas de pépin, donc ils vont se choisir une dépendance ailleurs.
Maintenant, il faudrait demander l'avis d'un psychologue ou d'un neurobiologiste. 
Je peux très bien me planter."



La connaissance des causes de notre maladie peut nous la rendre plus "acceptable" (dans le sens où la haine de soi, le dégoût et la culpabilité nous feraient plutôt reculer qu'avancer vers la guérison) mais ne nous est pas d'une grande aide pour passer de cette culpabilité - qui nous a mené ici, louée soit-elle ! - à la responsabilité; je précise ça, parce que comme on dit aux AA, je ne suis pas responsable de ma maladie, mais de mon rétablissement.


On a tous contourné l'écueil du "difficile de rester concentré sur la négation d'une chose sans retomber sur la chose" : on s'est focalisé sur autre chose.


"La pornographie mène au viol et au meurtre en série" est une proposition logique où le lien causal est moins évident que dans "fumer tue". 
Ce qui est certain, c'est que la pornographie mène à la confusion mentale, à la dégradation de (l'image de) la femme, et à une frustration et un dépit auprès de laquelle celle de l'écureuil Scrat dans le film L'âge de glace (celui qui n'arrive jamais à bouffer sa noisette) n'est qu'une contrariété passagère. 
D'un autre côté, si on n'utilisait pas des arguments comme cela, personne ne réfléchirait à ses liens intimes avec la merchandisation des corps. 
La pornographie semble augmenter la dose de malheur globale de ses usagers, et nous sommes de base déjà suffisamment mâles en poing pour refuser ça.

T'as une certaine propension à faire dériver la réflexion vers le débat d'idées.
A chaque fois que j'ai essayé de "la ramener" avec un débat d'idées, ça laissait les mains libres à ma dépendance pour m'en foutre un bon coup par derrière, voire même par-devant : j'étais occupé à débattre, c'est à dire à me débattre.
Et plus on se débat, plus on se fait abattre. C'est l'histoire du piège à singes, qui consiste à couper une noix de coco en deux, à la vider de son liquide et à y déposer quelques grains de riz avant de la refermer. Alléché par ces fruits suspendus aux arbres et aux clôtures, le singe plonge la main dans la noix de coco pour s'emparer du riz. Piégé par la noix de coco qui se referme, il se met à gémir et à crier, alors qu'il serait si simple de laisser le riz, de retirer sa main et d'ainsi échapper aux chasseurs.
Les opinions c'est les grains de riz, et j'éviterai d'ironiser sur les noix de cocos.


Jean Klein disait : « vous devriez observer les pensées comme vous observez une mouche » ce qui ne veut pas dire qu'il faut chercher à les enculer, et pourtant je m'y entends. 
Les opinions c'est même pas des pensées, c'est des résidus de pensées des autres coagulées, et elles ont un coût exorbitant. 
Je tolère mes opinions quand elles ne contrecarrent pas mon rétablissement, c'est à dire quand elles ne réclament pas à être reconnues, encore moins à triompher. 

"Les émotions sont causées par les idées et non par les évènements" plus précisément par nos réactions aux évènements =>perçus de façon erronnée = > si on veut percevoir l'évènement sans l'interprétation qu'on lui colle dessus (ce que les bouddhistes appellent "la saisie"), la seule façon c'est de déconstruire notre réaction en ses composants intimes avant que la main mette l'allumette sous la mèche qui est fichée dans le baril de poudre.
C'est pour ça qu'on le fait avec quelqu'un : tout seul, le rituel est ancré, la machine bien huilée et on a bien souvent perdu l'espoir de démonter le mécanisme.
Avant Orroz, j'ai passé trois ans à cumuler des 30/45 jours de sevrage avec un psychiatre. 
Il y a un an, j'ai pigé que j'avais "très peu de chances de m'en sortir", malgré le forum, qui joue son rôle de néocodion ou de programme méthadone, mais ne remplacera jamais un gros "lâchage de paquet" auprès d'un être humain en chair et en os et j'ai fait une thérapie de 6 mois avec une thérapeute (elle était très jolie d'ailleurs) qui m'a permis de me stabiliser.

On ne peut pas s'envoler en tirant sur ses lacets.

D'autant plus que sur la planète Branlor, la gravité est très forte.

Etre l'esclave de nos appétits, avec ou sans l'illusion de les maitriser, c'est la promesse sans cesse tenue (et payée cash) de la damnation à la petite semaine.










Refrain de fin d'épisode :
Marchand de rêves 
Avec ta barque creuse 
Entourée de femmes malheureuses, 
Marchand de rêves
Au bord du lac de sang,
Y a plus personne debout
Quand le soleil descend
Et tous les enfants jaunes
Aux yeux de faune
Comme des ballons qui crèvent
Marchand de rêves.


dimanche 6 décembre 2015

"Petits" partis aux élections régionales d'Île de France

Le parti d'en rire

Le parti d'Henri

Le parti du pire, too pire (bon là je mets pas de lien, le choix est vaste...)

On s'y perd un peu, d'ailleurs.

Heureusement qu'un homme veille à la diffusion de la Connaissance.

Dans mon enveloppe électorale et républicaine de Loire Atlantique, il y a de subtiles variantes par rapport à la sienne, mais globalement c'est du même tonneau de morues dessalées.
J'irai pourtant voter tout à l'heure, je ne vois pas quoi faire d'autre.

Pour me motiver, je regarde la journée d'un fasciste, par Luis Rego.



Ca n'a pas vieilli.
Le Pen a vieilli, Rego a vieilli, mais leur oeuvre reste.
Même si tout cela ne vaut pas une bonne bataille de boudin blanc à la veille de Noël.
J'aime bien aussi le boudin noir, sauf Dieudonné, nuisible non comestible.



D'autant plus que les enjeux des régionales ont été complètement occultés, voire passés carrément Allah Trappe, depuis les attentats de Paris.
Où sont les grands débats politiques d'antan ?

samedi 5 décembre 2015

Retrouvé dans ma poubelle

Si Daniel fait mes poubelles pour écrire ses posts, je ne vois pas pourquoi je me gênerais.
J'ai assez longtemps recyclé les siennes.
Donc voici un post de 2011, publié à compte d'auteur sur un forum de branleurs abstinents hyper-secret.
 
En ce moment je lis "2666", un roman de Roberto Bolano qui prend pour cadre la ville mexicaine de Ciudad Juarez ( plus de 400 femmes assassinées dans des conditions atroces depuis 1994 et peu d'affaires résolues ), plus de 1200 pages en folio, curieusement écrites avec un détachement émotionnel absolu... J'ai laissé tomber les Ellroy et plus généralement les polars, je trouvais ça inutilement affreux et mal écrit, un truc pour effrayer le bourgeois à peu de frais, peu d'intérêt nutritionnel (c'est important de trouver de quoi se mettre sous la dent sur le plan spirituel dans ce qu'on lit), là je me demande si je ne me suis pas fait enfler par mon libraire sous le couvert de littérature générale et exotique.
Depuis un an ou deux, je reviens à mes premières amours : avant d'être un geek, j'étais un gros cannibale lecteur de romans, trapus et parfois peu engageants, redécouvrant que la littérature et ses mensonges ciselés, y'a vraiment que ça de vrai, à partir du moment où tu acceptes le pacte implicite passé avec l'écrivain de rentrer dans son univers, lui pénétrant dans le tien…alors que j'ai 1500 films et séries téléchargées dans mon disque dur qui n'attendent que d'être vues d'un simple click...
Je résiste à cette saloperie de "vie digitale intense" telle qu'elle est décrite dans la dernière publicité d'Orange. Dépéchons-nous de lire du papier avant qu'ils nous mettent des livres électroniques jusque dans les chiottes !En plus on peut facilement lire dans les chiottes.Alors que pour se torcher le cul avec un  e-book…
Bref. Du coup je retombe sur le webdocumentaire produit par Upian sur Ciudad Juarez et sur le site d'Upian, j'en découvre d'autres, dont un assez réussi, et ça me fait penser que le support cd-rom est devenu obsolète avant que les plate-formes soient prêtes pour en accueillir les contenus, et finalement c'est tout fluide sur l'internénette haut débile…
Autre genre, la Science Fiction va mal, rongée par une crise du lectorat, qui vieillit, passe à autre chose, meurt… et les éditeurs passent à la fantasy ou à la bit-lit, qui n'est pas ce que vous pensez et qui se vend mieux que Philip K. Dick (dont tout pornographe repenti devrait avoir lu Le Dieu Venu du Centaure, au minimum.)
Je lisais beaucoup de SF quand j'étais petit.
Sur le forum du cafard cosmique, des auteurs reconnus et des lecteurs tenaces échangent des propos acidulés et décalés dont cet échange à propos des excès de la vie digitale : 
"Le fait qu'il y ai de bons acteurs pourrait encore à la rigueur donner envie d'aller voir le film afin qu'ils soient rémunérés en conséquence, et que cela leur donne la motivation de continuer, mais l'écart entre leurs bénefs et ceux des grands pontes est tellement terrifiant que je préfère garder mon fric. Toutefois ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas aller le voir, j'ai toujours bien aimé les Harry Potter....Téléchargés.
- Je ne comprends pas... Tu ne veux pas payer pour les films Harry Potter, mais tu les aimes bien? Genre tu vas aux putes, tu t'amuses bien, et au moment de payer tu t'enfuis en sautillant, le pantalons sur les chevilles, parce que les macs c'est vraiment des connards ? je suis choqué."
L'esprit souffle où il veut et l'intelligence est toujours un régal pour l'intelligence, où qu'elle se manifeste. 
C'est comme si la conscience se reconnaissait elle-même et se saluait.

vendredi 4 décembre 2015

Quand les Américains s'essayent à la "French Touch"



Je lisais l’autre soir dans le courrier des lecteurs de Télérama :

« Les medias, je vous en prie, gardez l’anonymat des bourreaux et mettez un visage sur les victimes.
« Le martyre, c’est le seul moyen de devenir célèbre quand on n’a pas de talent » (Desproges) »

Hé ben les mecs du Los Angeles Times, ils doivent lire Télérama, dis donc.

http://www.latimes.com/local/lanow/la-me-ln-san-bernardino-shooting-victims-htmlstory.html


Pour l'instant, on mène encore la partie : 130 à 14.
Mais il faut rester prudents, la FIFA a du plomb dans l'aile, et les Ricains savent faire les choses en grand quand ils sont motivés.
De mémoire, pris dans un orage dans l'Utah, mon fils avait finement observé que "même les gouttes d'eau étaient plus grosses" (sic)

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/visuel/2015/11/25/enmemoire_4817200_4809495.html


Et la Bonne Bière rouvre ses portes, lol.


De quoi faire prendre un coup de sang au gérant du Café Death Porc.





http://johnwarsen.blogspot.fr/2015/01/impunite-sentiment-d.html

Sinon, pour changer d'R :
19/ ouvrir la fenêtre

28 bis/ sortir faire un tour et écouter le chant des oiseaux, qui se fichent bien de nos petites combines & autres arrangements avec les Morts et les Vivants

44 ter / lire Piketty.

127 / prier pour Scott Weiland, sans doute encore en pyjama dans les bardos à l'heure où nous mettons sous presse.


Edit : 

les nouvelles du soir.


Pour ne rien vous casher, elles ressemblent à celles d'hier comme une vieille pute défraichie se ressemble à elle-même.
(je m'excuse s'il y a parmi mes lectrices des v.p.d, je peux parfois avoir des propos stigmatisants à l'insu de mon plein gré)
J'hésite quand même à voter nuisible dimanche, je fais assez de mauvais esprit comme ça.
Serais-je en train de m'asculer du côté absconobscur de la Farce ?
Ma mère m'avait bien dit de ne pas lire le Néonomicon.

Allahin Soral me vienne en aide.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/12/04/le-front-national-cette-imposture_4824550_3232.html

http://www.lemonde.fr/elections-regionales-2015/article/2015/12/03/le-fn-en-tete-des-intentions-de-vote-dans-six-regions_4822959_4640869.html

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/12/04/tuerie-en-californie-la-femme-avait-fait-allegeance-a-l-etat-islamique-sur-facebook_4824912_3222.html

http://www.lemonde.fr/elections-regionales-2015/article/2015/12/04/regionales-l-extreme-droite-contamine-la-campagne_4824098_4640869.html

mercredi 2 décembre 2015

Rions un peu avec Luchien (d'infidèle)


« S’ils sont venus chez lui, c’est qu’il y avait quelque chose »

Pauvre Luchien...






but seriously...
How Will I Laugh Tomorrow 
When I Can't Even Smile Today ?

surtout si je pense à la terrible solitude de la France face à Daech.

Chérie, c'est la guerre !






mardi 1 décembre 2015

La course contre la honte (2/4)

Tu sais maintenant que tu ne trouveras jamais le bonheur dans le porno : ça serait déjà fait.
C'est pas la peine de lutter, c'est perdu d'avance, et c'est en renonçant à ce combat que je sauve mes fesses par tranches de 24 heures. 
Tous, ici, on apprend à faire ça. Même si au départ on s'en croit incapable.
Au début, d'ailleurs, ça nous arrange : quand on tombe, on tombe de moins haut. 
Mais au fur et à mesure que le temps passe, on en voit qui gardent la tête hors de l'eau plus longtemps que d'habitude, et au bout d'un moment on voit pas pourquoi on n'y arriverait pas non plus tellement la méthode est simple : un jour à la fois.
 Une heure à la fois.
 Un instant à la fois. 
S'éloigner de l'ordi, sortir de chez soi, lire, écouter de la musique, faire du yoga, écraser des trolls sur son blog, toutes les actions qui nous éloignent de notre terrible obsession et de la frustration qui nous y replonge.

J'essaye de comprendre ce qu'elles veulent me dire, mes frustrations, elles sont là pour me rappeler d'essayer de mettre dans ma vie ce qui lui manque, au lieu d'aller compulser, ce qui renforcerait la tristesse, le dépit, le mépris de mes besoins réels, enfin bref tout ce qui fait que les marchands de cul nous tenaient par les couilles et que peu à peu l'étau se desserre, et je peux te dire que ça fait du bien.
On respire.


Comme on dit aux AA, tourne tes yeux vers la lumière, même si tu ne la vois pas encore.

Si tu n'y arrives pas tout seul et si tu te noies dans les forums, c'est parce que sur Internet, le problème principal, c'est que le lieu de rétablissement est confondu avec l'objet même de la dépendance, comme le dit bruno69.

Va te faire aider. Retourne voir ton psy, cherches-en un autre, débranche ton pécé avant de perdre ce que tu crois posséder mais qui en fait te possède et t'aliène 2, et te donne envie de pleurer, et de crever. Et comme tu ne peux faire ni l'un ni l'autre, tu retournes te planquer dans ton trou. Mais dans ton trou, ça pue, même toi l'odeur te fait suffoquer.
Alors tu reviens sur les forums, et t'as l'impression que l'enquète piétine, bien qu'on connaisse d'avance l'assassin et le mobile du crime.
 Evidemment que c'est facile pour moi de te le dire, du haut de mes 6 mois patati patata. 



Durée d'abstinence mon cul, on est toujours ici à un clic du pétage de gueule.
Pas plus, pas moins.
Essaye de conserver ce click d'avance.
Pour aujourd'hui. 


Aux heures de marée haute de la pulsion sexuelle,
on remet son ciré, et bientôt on voit la crue se tasser. 

Gars, se dégouter c'est préparer la rechute par auto-apitoiement.
J'accepte mon passé sans en être suffoqué : déjà qu'il va mettre un moment à passer, si à chaque fois qu'il me remonte à la gorge je dois vomir, on s'en sort pas.
 Il n'y a que l'abstinence à long terme qui permette de se débarasser de cet encombrant mépris pour soi-même.
Comme le disait Orroz,"ne culpabilise pas. Tu n'es ni un monstre, ni un pervers, mais bien une victime de cette société trop permissive qui s'est laissée avoir par la "libération sexuelle" et l'invasion de la pornographie. Mais tu es aussi une victime consentante, et c'est cela qu'il faut d'abord traiter. Tu as fait le premier pas en venant sur ce Forum, à toi de faire tous les autres en te sevrant."

J'aime bien ce terme de victime consentante : il faut commencer par cesser de consentir.
Et continuer.

Accidentellement, nous pouvons croiser des images.
De loin, et sans réponse de notre part, elles nous rappellent le rapport de dépendance que nous avions avec elles. Pas de blâme, pas d'angoisse : le sevrage fait qu'on se sent détaché de ces représentations. On râle sur l'image de la femme symbole de consommation entre les mains des publicitaires, mais ce n'est plus un problème personnel.

De près, ça veut dire qu'on s'est rapproché, un peu trop sans doute.
Il est peut-être encore temps de prendre du recul : 
ces images ne sont que le support de projections émotionnelles.

Qu'appelles-tu la libération du désir ? ne plus lui être asservi ? L'abus de porno est une bonne occasion de se rendre compte que la nature du désir est de rester inassouvi, ou de changer d'objet : si on croit qu'il appelle sa propre réalisation, hop ! il s'en va se nicher ailleurs.


Quand Orroz dit "18 mois pour être peinard", ça veut pas dire qu'après, tu peux "reprendre une activité normale" avec ces sacrées images.

Imagines-tu un toxico à l'héro qui, longtemps après son sevrage s'offre un petit shoot d'usager "récréatif" ?Plus je me protège, moins j'ai envie de me satisfaire avec de la merde ou devenir l'otage de mon dépit. Et plus j'ai envie de conserver mon énergie pour des choses qui valent le coup.
Et de retrouver le respect de moi et des autres; et les jours où ça me gratte, je me dis que ça me passera, ou je recherche les raisons de cette excitation sexuelle dont je sais qu'elle est passagère (plus on abstine et plus on pige comment ça marche) et je demande à l'esprit de l'univers de me désencombrer de ce truc dont je ne sais que faire.
Je m'en remets à ce dieu farceur qui m'a conçu couillu pour m'apprendre le sens de l'humour...et le lâcher prise.

Avant le porno, je me rappelle cette recherche d'un plaisir partagé, ce besoin d'un échange où l'on donne du plaisir avant de le recevoir. 
La compulsion ayant brouillé les cartes et arraché toute la tuyauterie, cette magie est longue à revenir. 
Quelle que soit la difficulté du sevrage, chercher à "soulager la tension" n'est pas pour moi une raison assez bonne pour m'engager dans un rapport qui ne peut se contenter d'être sexuel (sinon autant continuer à se branler !)

Un des effets secondaires de l'abstinence continue, c'est que ça m'est devenu indifférent (intellectuellement) de faire l'amour ou pas.
Bien sûr j'en ai souvent envie, bien sûr je recherche l'intimité, qui en est le prémisse, mais sachant que les moments où je cherche réellement l'échange me semblent encore rares, j'ai dévalorisé mes propres attentes.
L'abstinence n'est pas une discipline olympique, je ne me prends pas pour un performer de l'ascèse, simplement me rappeler d'où je viens me permet de relativiser l'urgence de ma demande.

lundi 30 novembre 2015

Le transhumanisme, une religion 3.0


LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 02.11.2015

Par Laurent Alexandre (chirurgien urologue, président de DNAVision)


Les religions ont connu trois étapes. D’abord, les polythéismes, suite logique du chamanisme, qui ont culminé sous les Romains et les Grecs. Ensuite, le monothéisme des religions du ­Livre. Aujourd’hui émerge un troisième âge : l’homme-dieu. Pour les transhumanistes, la boutade de Serge Gainsbourg – « Les hommes ont créé Dieu, le contraire reste à prouver » – est une évidence. Dieu n’existe pas encore : il sera l’homme de demain, doté de pouvoirs quasi-infinis grâce aux nanotechnologies, biotechnologies, ­informatique et sciences cognitives (NBIC).


L’homme va réaliser ce que seuls les dieux étaient supposés pouvoir faire : créer la vie, modifier notre ­génome, reprogrammer notre cerveau et euthanasier la mort. Ray Kurzweil, ingénieur en chef de Google, a déclaré en octobre : « Dès les années 2030, nous ­allons, grâce à l’hybridation de nos cerveaux avec des nano-composants électroniques, disposer d’un pouvoir ­démiurgique (Godlike). » Cette vision de l’homme du ­futur, tout-puissant et immortel, rappelle les scénarios hollywoodiens du type Transcendance (Wally Pfister, 2014) et fait sourire. Elle traduit toutefois un mouvement de fond. Pour la première fois, un mouvement philosophique prétend arracher l’homme à sa condition d’objet ballotté par la nature et la transcendance pour lui donner un rôle moteur dans l’évolution.

Modifier le destin de l’Univers

Certains transhumanistes, comme le philosophe ­Clément Vidal, envisagent même de se servir de nos futurs pouvoirs pour modifier le destin de l’Univers tout entier. Pour les transhumanistes, il serait rationnel, et non d’une vanité ultime, de rendre l’Univers immortel pour assurer notre propre immortalité. En réalité, le transhumanisme traduit, comme pour les religions polythéistes et monothéistes, les interrelations entre nos capacités et nos croyances. Une religion prométhéenne exaltant la toute-puissance de l’homme face aux éléments était inconcevable avant le triomphe des NBIC.
Les religions actuelles veulent bien nous aider à supporter notre mort – dans la foi –, mais en aucun cas nous aider à la supprimer ! Pour la plupart des trans­humanistes, les NBIC vont décrédibiliser Dieu et le remplacer par l’homme-cyborg. La religion de la technologie est-elle en train de remplacer la religion traditionnelle ? Y aura-t-il de violentes oppositions, voire des guerres de religions entre transhumanistes et techno-conservateurs, ou une transition douce ? En fait, de premiers ponts apparaissent entre transhumanisme et religion : le dalaï-lama se passionne pour la neuro-théologie et le contrôle cérébral des sentiments religieux. Le bouddhisme sera-t-il la religion intermédiaire avant l’ère transhumaniste ?
Ce troisième âge religieux est lourd de menaces. Dans sa passionnante conférence de 1972, à l’université de Louvain, Jacques Lacan expliquait pourquoi la mort nous aide à vivre et pourquoi la vie serait terrifiante si elle était sans fin. Quand tout est possible, l’être ­humain devient fou. La psychanalyse nous a appris à quel point l’absence de contraintes est source de ­désarroi. L’idéologie transhumaniste, qui magnifie nos fantasmes de toute-puissance, est porteuse de bien des pathologies psychiatriques. Le transhumain vivra dans l’illusion de sa toute-puissance, qui est ­mortifère pour notre psychisme. Une chose est sûre, les psychiatres ne vont pas chômer !


dimanche 29 novembre 2015

La course contre la honte (1/4)

NOTES POUR TÉMOIGNAGES à l'espace B* –  LE 23/02/14
(suite du post sur l'addiction pornoïque)

Pendant des années, j'ai caressé l'idée que c'était effectivement irréversible. Ca m'arrangeait bien, ou plutôt ça arrangeait bien le singe que je portais sur le dos et qui, avec des idées comme ça, était certain d'avoir à becqueter tous les jours. 
Je peux pas te dire que ça se soit fait en un jour avec la grande lumière et tout le tremblement. Il y a eu la prise de conscience progressive de tout ce que j'étais en train de perdre et de foutre en l'air : ma vie et celle des miens. 
Le déclic déterminant, ça a été le forum d'Orroz : au lieu de rechercher les causes personnelles, que je savais ne pouvoir atteindre sans l'aide d'un psy, je découvrais le dénominateur commun : le porno m'avait vaincu, mais j'étais pas le seul. 
D'autres témoignaient avoir été totalement sanibroyés par le même produit. 
Dans les premiers temps du sevrage, même avec des rechutes, il faut s'accrocher au connu : le contenu du site d'Orroz, et les témoignages qui convergent de partout. On sait qu'on ne vivra plus jamais la dépendance dans la résignation parce qu'on apprend qu'on peut échapper à ce mensonge un jour à la fois en se rappelant que c'en est un, et qu'il est inutile de le faire perdurer : la souffrance l'emporte immanquablement sur le plaisir.
Dès qu'on se casse la gueule, il faut l'admettre, surmonter le dégoût qu'on s'inspire car ce n'est jamais que de l'orgueil mal placé à accepter son impuissance, et recommencer le sevrage. 


 Tu peux fréquenter tous les forums du monde, et tous te serineront les mêmes évidences. A quoi bon lutter ? si tu admets la défaite, tu prends les mesures pour te protéger. Les ruses que nous mettons en place pour succomber à notre passion fatale, c'est de l'intelligence gaspillée. Tu dis "je m'arrangeais pour me retrouver 3 heures durant devant mon ordinateur et jouir des plaisirs virtuels que le web nous propose. Le même rituel à chaque fois, profonde respiration, plonger dans le porno et les cam", tu peux te poser la question : ton plaisir est-il virtuel ou réel ? es-tu toi-même quand tu te branles, ou t'estimes-tu victime d'une illusion ? quand tu prends ta profonde respiration, est-ce que tu pourrais pas en profiter pour NE PAS plonger dans le grand bain de merde dont tu ne peux ressortir que sali, honteux et encore plus frustré après qu'avant ? voir à ce sujet la méthode respiratoire de super guerrier 3000, que je trouve c'est le cas de le dire, bien inspirée.



N'oubliez pas que le désir ou le sentiment de toute-puissance que nous exerçons sur nous ou les autres n’est que la dégradation de cet état originel non-séparé (d’avec nous-mêmes) que nous cherchons à retrouver. 
Le désir de puissance n’est que la dégradation de la dégradation de la nature originelle. Qui s’étonnerait alors qu’il soit si bien accroché ?
 Les cyberdépendants combattent leur désir. Pas de chance, le désir de la pétasse sur un écran n’est que la dégradation de quelque chose de plus haut, car la jouissance sexuelle n’est qu’une version dégradée de la béatitude produite par l’union de la clarté et de la vacuité. Autrement dit, rejeter le désir, c’est jeter l’échelle qui nous permet de remonter à notre vraie nature. Et ça ne peut pas marcher.

(emprunt à la grande prêtresse du Tantra de la Main Gauche, merci à elle !)
Orroz ajoutait :"C'est pourquoi je propose aux dépendants de transformer leurs désirs de pétasses en désir vrai d'amour pour leur partenaire car en réalité c'est cette omnipotence du désir qui permet d'atteindre la vraie jouissance."


Faut pas rêver : on s'est shootés à L'EXCITATION SEXUELLE pendant très longtemps, donc tous les symptômes du manque, on les manifeste pendant des mois, et c'est l'inverse de l'excitation : apathie, dépression, aphasie, vomissements, diarrhée, saignements de nez, oedèmes pulmonaires, tumeurs scrotales..... 
bon j'arriverai pas à finir ce post, je me marre trop de ma connerie, désolé ;-(
...l'essentiel, c'est de savoir qu'on va passer par ces états dépressifs, et de s'y préparer, puis de les traverser en conscience, c'est à dire en confiance. Un truc à se rappeler quotidiennement pendant les affres du sevrage, c'est qu'on va pas en mourir, malgré qu'on sente bien que quelque chose meurt en nous, avec beaucoup de couinements d'indignation. 
Ouf , c'est pas nous : c'est l'autre.


 Re: Suite au viandage (07/04/2006)
"...poursuivre la croissance qui s'est arrêtée pour moi un jour de 1988 où j'ai vu Brigitte Lahaie faire des choses inconcevables pour le petit garçon que j'étais alors ..."
Yyyyeeessss ! t'as tout compris : le porno stoppe net le développement affectif, puis le réduit en purée sanguinolente.
 La sensibilité se dégrade en sensiblerie, et nous devenons de pauvres choses tremblotantes aggripées à l'image que des commerçants peu scrupuleux ont réussi à fourguer à nos rêves. 
Quand je dis "impuissance devant le produit", ça veut dire que le combat est perdu d'avance puisque le porno est plus fort que nous. Il ne s'agit donc plus de l'affronter mais de s'en détourner pour sauver ce qui peut l'être : puisque la dépendance consiste à effacer la douleur par ce qui la provoque, elle resserre ainsi le noeud qu'elle prétend défaire "pour un moment". 
Commercer avec un produit dans l'espoir de retrouver un plaisir qui naissait de la fortuité de la rencontre, faut vraiment être baisé de la caisse pour penser que ça peut marcher. L'addiction c'est le fait que notre raison est "incapable" de percevoir ce fait. 

Le sachant, nous pouvons mettre de la distance entre nous et le produit.



Je me demande si la compulsion au porno ne relève pas elle-même (en tout cas pour moi) d'une forme symphoniquement pathétique d'auto-apitoiement : j'ai tenté de me "consoler" de ma vie sexuelle insatisfaisante par une vie sexuelle imaginaire beaucoup plus riche. Evidemment ça s'est avéré aussi efficace que de boire de l'eau salée quand on a soif, comme dit Mathieu Ricard, qui met toujours beaucoup d'eau dans le sien. 
Il est finalement salubre que ce mensonge m'ait précipité dans l'enfer de l'addiction, puis m'en aie fait fuir épouvanté. Ce n'est pas dans l'imaginaire que nous pouvons soigner nos bobos réels, c'est en posant des actes, quel que soit le temps que ça prend pour que le sevrage nous aide à nous pardonner et à revenir à la raison, c'est à dire sortir de notre spirale délirante.






Ce petit florilège de textes issus de correspondance privée, de conversations de forums & autres blagues de cyber-comptoir a tout naturellement trouvé sa place dans le recueil de mes articles de blog relié en peau de moine tibétain que je compte offrir à ma femme pour Noël (chut, c'est une surprise) 

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Aucun aphorisme n'a été torturé pendant le tournage.

Il n'y a pour l'instant aucun commentaire client.